Tout le monde semble avoir besoin d'étiquettes pour compartimenter les choses, les critiques ont voulu classer ce film en western gay ou autre qualificatif avec une consonnance militante pro gay. Je pense pour ma part que c'est un raccourci bien trop réducteur. Oui c'est une histoire d'amour, et même de passion entre 2 hommes, et alors ? Il est vrai que la circonstance qu'il s'agisse d'une passion homosexuelle et donc condamnée par une société américaine bien pensante de la 2ème moitié du siècle dernier est l'un des ressorts dramatiques principaux de ce film.
Mais, très honnêtement, il s'agit avant tout d'une magnifique histoire d'amour contrarié, comme il peut en exister tant dans la littérature. C'est avant tout l'histoire de 2 personnes qui cherchent leur identité et qui s'aiment plus que tout, même si l'un souhaite assumer aux yeux du monde et l'autre pas. La qualité de regards entre Jake Gilenhall et Heath Ledger est tout bonnement renversante, entre passion brûlante et aveu contenu. Je souhaite à quiconque, homosexuel ou hétérosexuel, de regarder et d'être regardé un jour de cette façon. Le temps s'arrête, on retient son souffle et on a un drôle de choc dans l'estomac : la passion brute, c'est sublime...