André Comte-Sponville réunit dans cet ouvrage deux interventions à l'oral et un essai, chacun sur le thème de l'amour. Amour selon ses acceptions philosophiques dans la première partie, et nous courons alors de Platon à Aristote et Spinoza (pour ne citer qu'eux) en suivant ses trois formes, "Eros", "Philia" et "Agapè". Sexualité dans la seconde partie, et alors les conceptions des philosophes sus cités sont mises à l'épreuve de leurs idées sur la chose : Platon, Aristote, Kant, Feuerbach ou Schopenhauer, mais encore Montaigne et bien sûr Sigmund Freud. Dans cette deuxième partie, la sexualité est elle-même déclinée sous toutes ses formes : procréation, érotisme, pornographie, transgression. Ce thème invite d'autres auteurs : Sade, George Bataille, Pascal Quignard ou Paul Ricoeur. Dans la troisième partie, consacrée à l'amitié, André Comte-Sponville oppose la conception d'Aristote - aimer serait la vertu des amis - à celle de Kant qui veut que puisque l'amour est un sentiment, il ne saurait se commander. Aimer, en amitié, serait-ce une vertu ou un devoir ? Dans ce chapitre, André Comte-Sponville reprend les catégories du premier chapitre, et les développe autour de la notion d'amitié. Platon, Aristote Montaigne, reprennent le discours, qui varie très vite sur la question de la différence entre l'amour et l'amitié, et le rôle de la sexualité dans cette affaire. Puis il est question de l'amitié et de la charité, de l'amitié dans le couple (entente, divorce). Enfin, deux textes concluent le livre. L'un sur l'amour chez Blaise Pascal, l'autre sur l'amour chez Simone Weil.
André Comte-Sponville, en recyclant ces trois textes, n'apporte rien de nouveau à un sujet qu'il a d'ailleurs déjà traité, de la même manière, dans son ouvrage "Petit traité des grandes vertus", mais beaucoup de déjà-vu (chez Michel Onfray notamment). Nous voici entre le café du commerce de la philosophie et "Psychologie magazine", où la pensée d'Aristote comme celle de Kant sont mises à la portée de madame Michu et de ses petits soucis conjugaux, dans un souci de vulgarisation grossière qui confine, outre à la caricature, à la condescendance. (On est loin de Vladimir Jankélévitch ou Emmanuel Levinas sur le même thème.) Ajoutons que l'auteur n'omet pas de se mettre en scène, en se posant en exemple, ce qui lui permet de nous rappeler qu'il est agrégé de philosophie, et donc de distribuer des mentions souvent "passable" aux grands penseurs qu'il cite.