Une obsession : prendre aux riches, les punir, les éliminer, se venger ! Voilà l'erreur du 'Socialisme archaïque' que dénonce Jean-Marc Daniel dans son dernier livre. Partant du constat que notre économie est truffée de rentes comme celles des propriétaires fonciers à l'époque de Ricardo, il préconise le même remède que l'économiste classique anglais.
La priorité n'est pas de réorganiser les prélèvements et la fiscalité, comme le proposent les 'révolutionnaires fiscaux' (Piketty, Saez, Landais), mais de réorganiser les dépenses publiques pour les rendre utiles et justes. La priorité est de réinstaurer la concurrence ' véritable garde-fou des rentes en tous genres ; bref, de libérer les talents de la rente. Et de souligner que 'dès l'origine de la pensée économique, la rente a été perçue comme un des fruits de l'action publique.' Ce que l'action publique a créé, l'action publique peut le défaire.
Fustigeant les marxistes, keynésiens et autres héritiers des socialistes de la chaire qui se voyaient comme les grands répartiteurs des rentes publiques, Jean-Marc Daniel se réclame de Saint-Simon ('Le gouvernement nuit toujours à l'industrie quand il se mêle de ses affaires; il lui nuit même dans le cas où il fait des efforts pour l'encourager' ) et de Fourier (qui avait eu l'éclair de génie de considérer que le capitalisme se fondait sur les rentes, alors que le socialisme devrait s'appuyer sur les talents), voire de Rousseau ('l'État enrichit des fainéants de la dépouille des hommes utiles').
Il refuse l'inflation et en appelle à un 'Socialisme de l'excellence'.