En 2001, "Le Sommet des Dieux" a reçu le prix de la meilleure oeuvre au festival des arts et médias de la culture du Japon.En 2005, il reçoit le prix du meilleur dessin au festival d'Angoulême.Inspiré par la BD franco-belge et notamment par Moebius, Taniguchi plaît aussi en Europe et marque une étape dans l'interinfluence entre BD et manga, c'est pourquoi nous ne sommes pas spécialement dépaysés en lisant son oeuvre, bien que "Le Sommet des dieux" soit retranscrit à la japonaise -on commence par la fin- et qu'il faut du temps au départ pour s'habituer à cette nouvelle approche.
Il est intéressant aussi de savoir que ce manga est une adaptation du roman de Yumamakura Baku. Si les dessins sont bien des inventions fort réussies signés Taniguchi, le scénario, lui, a été inventé par quelqu'un d'autre. C'est peut-être pour cette raison que la qualité est grande: nous avons un auteur d'un côté, spécialiste de l'intrigue et du récit et un mangaka de l'autre qui parvient parfaitement à rendre visuellement l'esprit du texte.
Venons-en maintenant à l'histoire en elle-même. Un appareil photo a été volé. Une enquête permettra de découvrir ce qu'il s'est passé durant la découverte de l'Everest (8000 mètres). S'ensuit l'histoire d'un as de la varappe, Habu, solitaire égoïste, amoureux de la montagne qui va tenter de conquérir tous les sommets du Japon.
Le rudesse du climat, les difficultés rencontrées lors des ascensions en solitaire d'Hase ou a 2 avec les aventures d'Habu sont très bien rendues. Les alpinistes savent vaincre l'adversité et ont une force de caractère hors du commun: volonté d'accomplir des exploits, de tenter des expérience inouïes qui peuvent fasciner le lecteur. On apprend également quelques rudiments d'escalade et comment les protagonistes s'y prennent pour grimper des parois rocheuses extrêmement abruptes en été comme en hiver.
Si je n'ai mis que 4 étoiles, c'est que cette histoire m'a moins passionnée que celle de "Quartier lointain" par exemple que je trouve plus spirituelle.Ici, la concurrence est rude, les personnages ne sont pas toujours très attachants, enfermés parfois dans une passion qui exclut les autres.
Un manga à découvrir et à conseiller aux passionnés de l'alpinisme, même s'il ne s'adresse pas qu'à eux.