En générale, la série de petits livres "Les Symboles Maçonniques" est très bonne, voir excellente. Ce livre aussi contient des moments forts, des aperçus inattendus, des perspectives rafraîchissantes.
Pourquoi donc pas une meilleure note?
La Figure 6 à la page 40, une photographie de cathédrale de Noyon avec sa loge de bâtisseurs accolée au flanc, est une excellente illustration de la différence entre "Temple" et "Loge" normalement bien connue et comprise par ceux qui pratiquent les rites F-M britanniques et les rites "modernes", par exemple le Rite Français Traditionnel. La présence en Loge de grand-prêtres ou de rois ou de prêtres-roi, même en qualité de VM, ne change absolument rien du fait que l'on se trouve en Loge, ou les Frères de toutes traditions exotériques participent à la construction d'un temple universel ésotérique. Un temple profane, par contre, est voué au culte extérieur d'une divinité particulière. Pourtant, comme cela peut se constater fréquemment, mais pas toujours, chez ceux qui pratiquent le RÉAA, l'auteur préfère ignorer ou même brouiller cette distinction.
Parmi les Maîtres en F-M, il y en a beaucoup, hélas, qui semblent aimer beaucoup bricoler les rituels au lieu de s'approfondir d'avantage dans leur symbolisme, par exemple par la mémorisation qui entraîne une intériorisation. Cette fâcheuse tendance de bricolage finirait par : "Une Loge, un Rit." C'est pour s'en sortir de cette lamentable état de choses déjà existant au milieu du 18ème siècle qu'au sein du GOdF des illustres F-M tel qu'Alexandre Roëttiers de Montaleau ont, aux demandes des Loges, unifié et codifié avec une cohérence symbolique inégalée, le rite connu aujourd'hui comme "Rite Français Traditionnel". Alors, notre auteur François Ariès voudrait réintroduire la tracée manuelle du tableau de Loge. Est-ce il pense que les FF du 18ème l'ont supprimé sans y avoir réfléchi? Avec les Tenues qui sont déjà longues, au détriment de quel autre élément réintroduire la tracée manuelle? Quels effets aurait la tracée manuelle sur l'ensemble rituel et symbolique? Ne serait-il par plus efficace de le faire en instruction, pratique courant?
Notre auteur souligne à plusieurs reprises son soutien à la réintroduction de la tracée manuelle du tableau de loge pendant l'ouverture des travaux. Vos lecteurs ne sont pas sourds, cher auteur! On vous a compris. Les répétitions sont rébarbatives, voir contre-productives.
Notre cher auteur utilise quelques mots fréquemment sans nous dire comment il les comprend, par exemple "incarnation". Étant donné son utilisation en certaines théologies, ce mot n'est guère adéquat dans le contexte de la connaissance initiatique, qui parle plutôt d'"enveloppes" ou du déploiement des possibilités d'auto-réflection, de "miroirs".
Dans ses passages voués aux "ténèbres" (la langue française ne semble pas connaître ce mot au singulier!), notre cher auteur a manqué une excellente occasion d'observer qu'une quelconque distinction entre diverses ténèbres impliquent par nécessité la présence d'une portion de lumière, aussi indéfiniment petite soit-elle. Il y a donc une indéfinité de ténèbres. Et, comme on le sait, les apprentis ne supportent pas une trop forte lumière.