Ce film est un hymne à l'Amour bigrement poétique.
Un long 1/4 d'heure s'est écoulé avant que la magie n'opère en moi,
que l'acteur ne me conquiert malgré ses pitreries fantasques.
(le retour au mariage dans l'église me semblait inutile, assez emprunté).
En réalité, ses pitreries servent une conviction profonde qu'il affirme haut et fort
sur le ton de la comédie : La vie ne vaut d'être vécu sans Amour où, en filigrane,
le rire a son importance (soyons plus naturels pirouette & plus vrais cacahuette).
Un thème omniprésent dans la filmographie de Begnini qu'il se plaît à décliner
au travers de gags spirituels sur fond ou en opposition à l'extrémisme actuel
(la dictature dans "La vie est belle" ou le fanatisme religieux ici).
A mi chemin entre Chaplin et Allen, Roberto Benigni ne compose pas seulement
un clown émouvant mais un être authentique qui assume sa foi en l'Amour.
En effet, il brave tous les dangers, risque sa vie & n'en souffle mot à personne.
(sa dulcinée ignorera tout de son sauveur providentiel en Irak).
Aussi paradoxale qu'il puisse paraître, l'amour véritable s'incarne dans
le détachement (bien peu ont conscience qu'il est synonyme de liberté).
L'extrémisme impose ses vues et s'approprie les choses par la violence,
le chantage & le meurtre aveugle tandis que l'Amour s'engage envers et
contre tout mais s'oublie à lui-même ;
"Aimer c'est tout donner et se donner soi-même écrivait une sainte".
Je sais, c'est une fiction, c'est dur à mettre en pratique mais c'est beau.
Un film que j'ai quitté à regret, vous savez comme un bon bouquin...
Côté Soundtrack, Roberto Begnini s'assure la participation de Tom Waits,
et Nicola Piovani signe une bande originale inspirée.