La santé de Mathilde allant en se dégradant, son médecin parvient à la convaincre d'abandonner sa maison du hameau abandonné du Peyroux pour aller s'installer au « Doux Repos », la maison de retraite d'Entraygues. Elle y découvre « un étrange magasin où trois cent vieux se trouvaient entreposés » comme, par exemple, M. Berthomieux qui passe son temps à réclamer un billet pour la mort, Lalouette, le débile mental qui offre aux autres tout ce qu'il a ou Madame Sauvagnat, vieille dame aveugle et très digne dont elle doit partager la chambre... De petites fêtes en petites promenades, du lever de 7 h au souper de 18h et à la télévision du soir, Mathilde s'ennuie à mourir. Elle regrette amèrement son hameau, sa liberté et surtout sa tasse de tilleul du soir...
Ce livre représente donc la suite ou le tome 2 d'« Une pomme oubliée ». Le lecteur y retrouve l'héroïne, Mathilde quelques années plus tard, toujours aussi courageuse et aussi peu affable, abandonnée de tous les siens dans ce microcosme glauque et mesquin avec pour seules visites celles d'un neveu briquetier qui rêve d'hériter de la vieille maison du Peyroux. Cette plongée dans l'univers débilitant des fins de vie de vieux abandonnés à leur triste sort sent le vrai, l'authentique dans toute sa sinistre réalité. Un livre humain, dérangeant et fort bien écrit.