C'est au coeur des terres australes d'Afrique, rembrunies par le diktat des dieux et les guerres ethniques, qu'émerge une prophétie affectant l'un des enfants du peuple zoulou, choyé par sa mère Nandi, la sorcière Isangoma et ses dieux protecteurs... C'est armé d'une lance maléfique, Ilembé et d'un courage divin que Chaka Zoulou, l'élu, s'échine à conquérir les terres hostiles à sa volonté expansionniste, bravant les peuplades les plus reculées, les convenances et lois, et la vie, réduite à un havre futile et macabre meurtri par l'impénitence du pal.
Gouverné par l'inconditionnel amour porté à sa mère et l'aversion sans bornes dirigée vers son père, Chaka, porté au pinacle par ses troupes apeurées, devient guerrier, roi,..., les chapitres de l'ouvrage consacrant à chacune des étapes de son ascension une place distincte.
Une destinée maculée de rancune et de barbarie, scellée par l'union de la sorcellerie et de l'emprise divine, accule Chaka à sa perte. Point de révélation éhontée, le sous-titre de l'ouvrage est le suivant : « Naissance, vie et mort de Chaka, roi des Zoulous ».
Une gloire immarcescible pour le combattant zoulou, certes, mais une existence courte dont les derniers soubresauts sont traités avec célérité par Thomas Day. Dommage !
Si le Trône d'ébène est un récit d'aventure convaincant, un récit initiatique imaginaire teinté de magie, sorcellerie et de mythologie s'intéressant à une figure de proue du continent africain, il n'en demeure pas moins que l'ouvrage manque de souffle épique. L'acmé de Chaka, décrite progressivement et minutieusement au fil des chapitres, se flétrit brutalement, notre « héros » périssant en quelques coups de crayons (fin bâclée, simpliste, sans reliefs ?). De plus, la position divine, pouvant s'illustrer par la tirade suivante « De la folie de Chaka naîtra la raison de son [successeur]... », m'a déçu au regard de la cohabitation envisagée entre les races, noire et blanche (cf épilogue).
En définitive, le Trône d'ébène est un récit bien mené, jalonné de pérégrinations plaisantes, mais souffre d'un épilogue frustrant au vu des remarques sus énoncées.