Dans un petit village du Haut-Jorat, au début du XXème siècle, une jeune fille de vingt ans meurt de méningite. Elle est entérrée, et le lendemain, son cercueil est retrouvé profané, sa tête à moitié sectionée, et le reste de son corps victime de mutilations multiples. D'autres crimes similaires sont perpétrés dans les villages alentours peu de temps après. Un jeune garçon de 21 ans, "d'une pâleur extrême, et des yeux éraillés de rouge", est arrêté et emprisonné.
Roman d'une centaine de pages, rapidement lu, et très clairement écrit, Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex, tiré de faits réels, montre tout l'obscurantisme de l'époque qui pouvait régner parmi "la crasse primitive" des petits villages. Une société victime de ses propres peurs ancestrales, de ses propres taboux, qui n'hésite pas à reporter sur un seul homme tous ses problèmes et ses griefs. Car il n'est jamais prouvé avec certitude la culpabilité du jeune homme. C'est lui le vampire, et c'est tout, c'est comme ça!
Livre à l'ambiance plus que malsaine (ses descriptions, ses personnages aux réflexes grégaires, et l'apparition de la dame blanche, dont l'intervention auprès du présumé coupable est plus que douteuse de par sa motivation profonde), Le Vampire... dérangera et étonnera jusqu'à son retournement final, surprenant.