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4.0 étoiles sur 5
Guy Lefranc : tome 6,
Par MESNIER NATURE Nicolas "LE DISCOPHAGE" (Besançon, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lefranc, tome 6 : Opération Thor (Cartonné)
Cheveux blonds, sportif, la trentaine, n'ayant pas froid aux yeux, Lefranc est le clone d'Alix en version moderne. Sa profession officielle est reporter. Détenteur d'un brevet de pilote aérien, bon conducteur, on le verra très à l'aise, plein d'audaces et de maîtrise de soi dans des situations à risques. Il anticipe au cours de chaque action, improvise aisément et est capable de noter certains détails capitaux qui échappent même aux professionnels. Lefranc, fréquemment associé à la lumière, est aussi créateur de ténèbres.
Au personnage principal est associé le jeune JeanJean, louveteau de son état JeanJean, c'est l'équivalent moderne d'Enak dans Alix : même âge, même couleur de cheveux, même taille, même « fonction »: à la fois cause d'ennuis pour Lefranc et débloqueur de situations critiques. L'inspecteur Renard, qui réapparaîtra dans plusieurs épisodes ultérieurs, porte bien son nom physiquement - cheveux roux, agilité - mais n'a ni la ruse ni la finesse de son homonyme à quatre pattes. Il est malgré tout efficace sur le terrain et cache mal une tendance à se laisser emporter facilement. Sa culture et son instinct semblent assez limités. Enfin, le rôle du méchant est endossé par Axel Borg : malgré son aspect extérieur très séduisant, sa nature profondément noire laissera éclater au grand jour son ambition démesurée, sa démagogie, sa folie destructrice, son mépris de la nature humaine, sa quête d'un pouvoir absolu mondial. Son art du déguisement lui permet de changer facilement d'identité, prudence et patience de tenter de réaliser ses projets démentiels. Dessiné en 1978, Opération Thor retrouve le personnage qui fait, à mon avis, tout l'intérêt de la série : Axel Borg. La mentalité de celui-ci a semble-t-il changé dans la forme, mais pas dans le fond : p.24, on apprend de sa propre bouche qu'il opte désormais pour une guerre « révolutionnaire, propre, nette, sans bavure. » A travers un langage critiquant malicieusement l'abondance technologique des albums précédents (auto-dérision de l'auteur?), les moyens deviendront « subtils, intelligents, raffinés » et permettront de « changer fondamentalement le monde ». La parade utilisée ici ne sera pas si invraisemblable que cela (on nous cite d'ailleurs un précédent historique concernant l'Allemagne nazie) et les moyens techniques restent classiques (sous-marin et torpilles). Quant à l'attitude d'A. Borg, il est un hôte très attentionné du confort, du bien-être et de la santé de ses « invités ». Mais sa duplicité ne trompe personne : graphiquement, dès le début, il est représenté quatre fois de dos, marquant ainsi sans ambiguïté qu'il a une « face cachée ». Comme son absence dura deux albums, un judicieux flash-back explicatif nous ramène à la situation terminant le Mystère Borg et la façon dont il a refait surface. La fin restera plus ouverte quant à son avenir. Lefranc et Jeanjean développent une réelle capacité à la plongée sous-marine mais ne prendront pas de gros risques pour leur vie et préfèrerontnt s'adresser aux efficaces autorités américaines. Sa fonction est d'ailleurs clairement définie par Borg : un témoin impartial. Sur les 6 jours que dure l'action, on commence sur terre, puis beaucoup de temps se passe sous la mer : c'est sans doute le personnage principal; enfin on reviendra sur terre. Lieu de ténèbres, de refuge, véhiculant les moyens de renverser la donne planétaire, la mer est complice de la fuite et apporte la mort. Le déroulement de l'action joue bien avec le temps : la préparation est minutieuse, le fin mot n'est révélé qu'à la page 36. De plus, les fréquents inserts mettant en parallèle deux actions simultanées le dynamisent et font augmenter le suspens. Un coup de fouet est donné lorsqu'on repasse sur terre avec la poursuite en voiture et devient plus spectaculaire avec l'émergence de la violence. Le début et la fin du récit décrivent bien l'atmosphère d'une petite ville des côtes de Norvège et des Etats-Unis. Un mot sur la forte connotation mythologique : dans le titre (« Thor » dieu du tonnerre dans la mythologie scandinave), dans le nom du sous-marin (« Audax » : traduction latine de audacieux, évoquant un héros gréco-romain) et du cargo (« Orion » le géant chasseur grec), dans les dialogues (on invoque Neptune p.15, on parle de « monstre marin » pour le sous-marin, et de « lutte épique » p.48). Le dessin de G. Chaillet s'est amélioré par rapport au précédent album : plus de finesse et de détails. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Bien, un des meilleurs,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lefranc, tome 6 : Opération Thor (Cartonné)
L'histoire est très intéressante, digne d'etre adaptée au cinéma. Divertissant et sans doute l'un des meilleurs de la saga Lefranc.
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