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L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale [Poche]

Jean-Claude Michéa
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Il est d'usage, aujourd'hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel - qui se situerait " à gauche " - d'un mauvais libéralisme économique, qui se situerait " à droite ". En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu'en réalité nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique. Celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe-XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix: il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la " vie bonne " et se résigner à l'idée que la politique est simplement l'art négatif de définir " la moins mauvaise société possible ". C'est cette volonté d'exclure méthodiquement de l'espace public toute référence à l'idée de morale (ou de décence) commune - supposée conduire à un " ordre moral " totalitaire ou au retour des guerres de religion - qui fonde en dernière instance l'unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite. Tel est le principe de cet " empire du moindre mal ", dans lequel nous sommes tenus de vivre.

Biographie de l'auteur

Jean-Claude Michéa est philosophe. Il est notamment l'auteur de L'Enseignement de l'ignorance (Climats, 1999), Impasse Adam Smith (Climats, 2002; " Champs ", 2006), Orwell éducateur (Climats, 2003) et La Double Pensée. Retour sur la question libérale (" Champs ", 2008).

Détails sur le produit

  • Poche: 205 pages
  • Editeur : Flammarion (10 mars 2010)
  • Collection : Champs Essais
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081220431
  • ISBN-13: 978-2081220430
  • Moyenne des commentaires client : 4.4 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (8 commentaires client)
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36 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'impasse de la gauche contemporaine enfin éclairée, 17 mai 2009
Par 
Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Sur le fond, très riche, je m'en tiendrai au point de départ présenté dans le premier chapitre : On ne doit pas séparer le libéralisme politique (toutes les idéologies de gauche) du libéralisme économique (le marché et les modes les plus extrêmes dont il s'impose aux hommes). Le libéralisme est un projet radical, et contrairement à l'idée absurde, mais particulièrement répandue à gauche, les politiques libérales ne sont ni conservatrices ni réactionnaires, mais le libéralisme constitue l'idéologie moderne par excellence. Il s'appuie pour cela sur les inventions des sciences expérimentales de la nature qui offrent une assise métaphysique solide à la notion de Progrès. Par ailleurs, cet idéal moderne de Progrès est fortement enraciné dans le désir d'échapper aux horreurs des guerres de religion qui ont ravagé l'Europe aux XVIe et XVIIe siècles. A l'idéal héroïque du guerrier prêt à sacrifier sa vie pour des causes morales s'est peu à peu substitué celui du bourgeois, du marchand aspirant au repos dans la pratique du « doux commerce ». Les composantes du libéralisme philosophique se sont ainsi mises en place : d'un côté la rationalité (le paradigme scientifique), de l'autre le double patronage du Droit et du Marché et la primauté du Juste sur le Bien. Le droit pragmatique viserait ainsi à une pure administration des choses ... et c'est ici que les ennuis du libéralisme politique commencent : il se retrouve confronté à un nombre croissant de « problèmes de société » manifestement impossible à résoudre de manière cohérente et finit par se perdre dans une règlementation massive de tous les problèmes possibles et imaginables.

Sur la forme, le seul défaut -mais ça n'en est pas vraiment un- de cet ouvrage clé de Michéa, est sa densité. On ne peut hélas lire ces 210 pages comme un roman. Il faut prendre le temps d'annoter, de souligner, de sauter aux scholies des fin de chapitres, de disséquer un style précis, jamais verbeux, dont la logique est extrêmement rigoureuse. Les notes bibliographiques donnent souvent envie de lire les auteurs auxquelles elles renvoient.

Sur ce thème, « Impasse Adam Smith », constituait une première ébauche de l'ouvrage alors que « La double pensée. Retour à la question libérale » précise certains points qui auraient pu paraître ambigus. A ne lire qu'un livre de Michéa, je conseille fermement cet « Empire du moindre mal ». La lecture de cet ouvrage permet à mon avis de comprendre de façon très claire la situation calamiteuse de la gauche en France, mais également un peu partout dans le monde. Le lecteur curieux aura certainement envie après cela de découvrir Orwell, Lasch, Caillé et le MAUSS, mais peut-être aussi par antithèse, des références comme Fukuyama ou Friedman, et pourquoi pas, Smith, Hobbes ou Mandeville.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une critique très structurée du libéralisme en tant que dogme, 20 octobre 2010
Par 
J-loic Vavasseur "Kersaint" (Crozon, Bretagne) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Si vous cherchez une critique sérieuse du libéralisme et êtes prêts à consacrer le temps qu'il faut à ses quelque 200 pages plutôt denses, ce livre pourrait bien vous intéresser. En voici un résumé au risque de trop le simplifier :

L'auteur commence par y définir le libéralisme en tant qu'allégeance aux deux « fondamentaux » que sont les lois du marché et la justice qui les accompagne... à l'exclusion de tout autre, en particulier de nature morale et/ou religieuse.
L'idée consiste à expliquer ce choix de la « main invisible du marché » comme seul maître légitime par une approche défensive, visant à éradiquer de la planète entière toute entreprise dominatrice de nature morale ou religieuse, source récurrente d'affrontements dans le passé (d'où le titre bien trouvé de "l'empire du moindre mal").
Pour cela, il se fonde en particulier sur deux tournants historiques dans la droite ligne des « Lumières » :
- Le progrès observé des notions de "juste" et d' "injuste" au détriment de celles de "bien" et de "mal"
- Les progrès observés de la mondialisation de l'économie aux dépens des protectionnismes, notamment nationaux

Ensuite, l'auteur tente de montrer qu'à force de vouloir écarter à priori toute référence morale au bénéfice des seules lois du marché, empiriquement régulées juste autant que nécessaire, la société moderne (l'empire) en vient à transgresser malgré elle son crédo minimaliste :
- D'une part elle pose ainsi une sorte d'acte de foi négationniste de cette générosité humaine sur laquelle se fonde, entre autres, le pacte social
- D'autre part elle est amenée à complexifier toujours plus son arsenal législatif, au risque de rendre illisible ledit pacte social...
Avec pour résultat de nous faire retomber ainsi dans les travers (conflits liés à une absence de consensus sur le modèle à suivre) dont on entendait pourtant se préserver !

Si la démonstration m'a parue quelque peu difficile à suivre par endroits, il semble que l'on tienne là un éclairage très actuel. Il permet en effet de comprendre aussi bien l'animosité observable entre les fondamentalistes du marché et ceux de l'Islam que la révolte des Français devant la complexité des règles auxquelles veulent nous assujettir Bruxelles et Washington ! Une belle piste à creuser pour ceux qui refusent la pensée unique.
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33 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du moindre mal au meilleur des mondes, 3 janvier 2008
Par 
Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Voilà un ouvrage salutaire en ces temps de confusion des idées ou les mots de "libéralisme" et "d'anti-libéralisme" sont employés à tort et à travers. Michéa nous montre ce qui était à l'origine du libéralisme: la recherche de la société du moindre mal après les guerres de religion, où sous l'influence de Montesquieu, on s'est mis à penser que le commerce constituait une passion pacifique "gagnant gagnant" capable de remplacer les passions politiques. Cela supposait qu'il existât un ordre économique naturel, ce qui n'est pas le cas. Le libéralisme est devenu une idéologie tout aussi totalitaire que le marxisme et tout aussi déterministe.
Du moindre mal on est passé au meilleur des mondes où la libération des pulsions peut définir la société optimale. Michéa montre bien la contribution de l'extrême-gauche à la construction de l'univers idéologique d'une société (ou de ce qu'il en reste) réduite au marché.
Si vous vous étonnez encore de voir les anciens trostkystes à la tête d'organisations patronales, de voir que la LCR a le même programme que le MEDEF sur nombre de questions "de société", si vous pensez que Cohn-Bendit a changé - alors qu'il est resté exactement le même - alors vous devez lire ce livre pour vous déniaiser.
Michéa fait preuve d'une grande culture, y compris en histoire économique, ce qui est rare chez un philosophe. Le Livre est plein de référence qui sont source de lectures d'approfondissement.
Puisque certains annoncent une nouvelle "culture de civilisation", voilà par où commencer!
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