C'est le deuxième roman de Gilbert Sinoué que je lis. A la lecture du premier, «Les silences de Dieu» (qui n'est pas un roman historique, genre que j'affectionne pourtant particulièrement), j'ai immédiatement identifié - comme beaucoup d'autres avant moi - un auteur de talent. C'est donc avec des attentes exigeantes que j'ai ouvert «L'enfant de Bruges», et je vous avoue que celles-ci n'ont pas été déçues. Je dirais même que c'est dans le récit historique que l'auteur atteint toute sa dimension.
Gilbert Sinoué nous présente une magnifique fresque historique du XVe siècle, gravitant autour de deux hauts lieux des arts picturaux de l'époque : la Flandre et Florence de la renaissance italienne. Les détails nombreux et précis nous entraînent au c½ur de la vie des peintres et de la population de l'époque, avec un réalisme impressionnant : on évolue à travers les différents lieux avec les personnages comme si on y était soi-même. J'ai appris énormément de choses tout en me divertissant, surtout sur cette Flandre du XVe que je méconnais.
L'intrigue, des plus captivantes, tient le lecteur en haleine de bout en bout, et ravira même ceux qui ne sont pas particulièrement attirés pas le contexte historique d'une histoire : une succession d'assassinats de peintres flamands ; un complot ; des espions à la solde des grandes puissances ; un enfant détenteur d'un secret légué par son père adoptif Van Eyck, dont il n'a pas conscience, et qui pourrait bien lui coûter la vie.
La personnalité des protagonistes est traitée avec soin et minutie, et donne aux personnages une étonnante légitimité - attachants pour certains, antipathiques ou repoussants pour d'autres. Une atmosphère étrange, telle une chape de plomb baignée par la lumière du ciel chaotique flamand, plane au-dessus de notre héros tout au long de l'histoire, et ajoute au suspens une dimension surprenante.
En bref, un roman érudit, divertissant, agréable et facile à lire. Un livre remarquable que je conseille à tous.
Bonne lecture.