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L'enfant grec [Broché]

Vassilis Alexakis
4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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Descriptions du produit

Extrait

J'aimerais garder un souvenir de ces jours un peu longs et un peu tristes. Je me vois en train de sortir de l'hôtel Perreyve avec mes béquilles. Je tourne à gauche, puis encore à gauche dans la rue de Fleurus et je me dirige tout doucement vers le jardin du Luxembourg qui est à moins de cent mètres. Je ne sais pas pourquoi le jardin porte ce nom. L'hôtel doit le sien à un abbé qui a oeuvré autrefois dans le quartier.
- C'est l'abbé qui a construit l'hôtel pour accueillir des filles perdues, ai-je suggéré au gérant, un homme frêle au visage étroit et à la chevelure épaisse. Il ne les faisait pas payer, mais les obligeait à réciter des prières. Certaines chambres étaient à cinquante Ave par jour, d'autres, comme celle que j'occupe, à cent dix, avec le petit déjeuner compris.
Il a eu un sourire un peu fatigué.
- Quel genre de livres écrivez-vous ? m'a-t-il demandé d'une voix éteinte.
Il m'est venu l'idée qu'il ne connaissait pas ses parents, qu'il avait été volé à la naissance par un triste individu qui l'a vendu plus tard à un vieux saltimbanque, directeur d'une troupe d'animaux savants.
- Des romans d'aventures, ai-je répondu sans hésitation.
Les gens que je croise marchent beaucoup plus vite que d'habitude. Pourquoi sont-ils si pressés ? On dirait qu'ils doivent régler toutes leurs affaires avant la fin du jour, qui survient tôt en cette période de l'année. Ils ne regardent pas autour d'eux, ils ont les yeux rivés sur l'autre bout de la rue où passe le boulevard Raspail. J'ai habité autrefois boulevard Raspail. Le quartier ne m'est pas inconnu, il ne m'est pas familier non plus. Je ne fréquentais pas le jardin du Luxembourg à l'époque. Mes enfants n'étaient pas encore nés.
Le trottoir n'est pas assez large pour que je puisse me tenir bien à l'écart des passants, qui filent comme des météorites. Le moindre heurt pourrait me faire tomber. J'ai l'impression de cheminer au milieu d'une tempête de météorites. Même les chiens m'inspirent des inquiétudes. Ils paraissent intrigués par mes béquilles en tubes chromés, peut-être parce qu'elles ressemblent à des pieds de tables de cuisine. «Je suis une table qui fait peu à peu son chemin», pensé-je. Mes cannes sont presque aussi légères que celles des aveugles, hélas elles ne me permettent de faire aucun bruit car elles sont chaussées de gros patins en caoutchouc. Elles sont surmontées de gaines bleues qui soutiennent mes bras. Je préférerais disposer de béquilles de bois, qui sont plus lourdes et plus hautes, et que je pourrais bloquer sous mes aisselles. Malheureusement, on n'en trouve plus dans le commerce. À Néa Philadelphia, dans la banlieue d'Athènes où mes parents ont déménagé quand j'avais quatorze ans, je voyais parfois un unijambiste armé de tels bâtons. Je crois qu'ils portaient à leur sommet un coussinet. Était-ce un invalide de guerre ? Je suis né à la fin de la guerre de 40. Je pense également à Long John Silver, le méchant pirate de L'île au trésor, qui est amputé d'une jambe. Il n'utilise, lui, qu'une seule béquille, qui lui sert parfois à corriger le jeune héros du roman. Comment s'appelle ce garçon ? J'ai oublié son nom, il fut pourtant un de mes meilleurs amis.

Revue de presse

Grec de naissance et de fidélité, écrivain ayant rédigé toute son oeuvre en français, il flotte agréablement au-dessus du vide. Il montre, au-delà, ou en deçà, des si sérieuses questions de notre temps, que migrer peut être une manière unique de se créer un destin, de vivre, puisque le sol natal s'est dérobé, sur une terre selon son goût. En l'occurrence : dans la grâce de la fiction, là où le réel cesse de peser, de contraindre, d'arracher les hommes à eux-mêmes. Pauvre armure face à l'agitation du monde. Mais armure souveraine dans son ordre, qui est celui de la liberté intérieure. On peut accepter de tout quitter, sauf la patrie secrète, inaliénable, qu'emporte avec lui chacun de ceux que le hasard a jetés sur les routes. (Florent Georgesco - Le Monde du 30 août 2012)

L'Enfant grec ne sera pas une nouvelle victime innocente de la crise. Car c'est un joli roman, assez fou, qui rend heureux...
Ce qui est séduisant chez Vassilis Alexakis, c'est son art d'épingler de petites choses curieuses et drôles, de les tisser ensemble dans une chronique pince-sans-rire, douce-amère, émouvante et charmante...
Amateurs de romans qui racontent la violence des hommes, la détresse des familles ou l'impitoyable férocité des nations, passez votre chemin. Évitez le jardin du Luxembourg. Vous y croiseriez un tranquille fumeur de pipe - sans béquilles, maintenant, je l'espère. C'est Merlin l'enchanteur. Je le croyais celte. Il est grec. (Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 2 septembre 2012)

D'Artagnan, Cyrano, Robinson, Tarzan, Long John Silver, Oliver Twist, Jean Valjean, Michel Strogoff..., tous convoqués dans un maelström des plus poétique, peuplent eux aussi les rêveries du narrateur. Qui, en prince du mensonge - l'essence même de l'écriture - mêle l'imaginaire et le tangible, pour traiter de la mémoire et de l'oubli, du mouvement et de l'immobilité, de la vie et du roman, mais aussi de la crise grecque, source de lucides digressions. Sans oublier l'auteur lui-même, brocardé ici avec toute la malice d'un briscard des lettres de plus en plus juvénile. (Marianne Payot - L'Express, septembre 2012)

Où l'on voit l'écrivain gréco-français se réfugier dans un lieu hors du temps : le jardin du Luxembourg...
C'est fou ce que, sous l'autorité d'Alexakis, ce jardin est peuplé. On y croise Jean Valjean, Cosette, Tarzan, Robinson, Cyrano, Rubempré et les trois mousquetaires...
Il y a un mystère Alexakis, auquel ce vrai faux roman autobiographique rédigé au crayon ajoute une énigme supplémentaire : comment fait-il, ce fumeur de bouffarde, pour mêler en si fines volutes la dérision et l'émotion, l'amusement et le désabusement ? Le secret est dans «l'Enfant grec», où il explique, en feignant toujours de blaguer, pourquoi la littérature a été sa seule raison de vivre, et pourquoi ses merveilleux mensonges l'ont dédommagé des ravages du monde moderne. «J'ai su très tôt en somme que la meilleure façon de raconter un événement était de l'inventer.» La preuve, éclatante, avec «l'Enfant grec.» (Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 septembre 2012)

Le voyage que nous propose l'auteur puise pour beaucoup dans le passé et encore davantage dans la littérature. Ici, les personnages de fiction qui ont bercé le petit Vassilis sont convoqués, sans d'ailleurs que le guide fasse très bien la différence entre le réel et l'imaginaire. Il nous parle de Don Quichotte, d'Artagnan, Cyrano, Long John Silver, Tarzan, Robinson Crusoé, Michel Strogoff, Robin des bois, Zorro, Oliver Twist, Jean Valjean... Liste non exhaustive. Dans un dialogue, un personnage peut très bien demander comment vont les enfants du capitaine Grant. Il rappelle que Lénine et Baudelaire ont foulé le jardin. Peut-être sont-ils passés sur le terrain de basket qui fascine Alexakis en béquilles. Ce mélange délicieux de vivants et de fantômes célèbres ajoute au charme de la promenade, d'autant que les personnages réels ne sont pas moins pittoresques...
Il y a du sourire, une douce autodérision, et une nostalgie de l'avenir chez notre guide grec qui n'a jamais aussi bien rendu hommage à Paris et à la France. Ne dit-il pas «le jardin du Luxembourg est devenu mon nouveau pays» ? (Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 11 octobre 2012)

Jouant à saute-mouton avec les anecdotes et les situations, l'écrivain emmène ses lecteurs à Athènes pour manifester place de la Constitution, puis leur propose un goûter à l'auberge des marionnettes. A peine sorti des coulisses de Guignol, on croise Jean Valjean dans les allées, entraînant la petite Cosette loin de ce voyou de Marius. En refermant ce roman tout fou et jubilatoire, nous vient le désir de replonger dans tous les livres qui bercèrent notre enfance et de faire comme l'auteur : saluer d'Artagnan d'une vigoureuse poignée de main et embrasser Elvire. Ou le contraire. (Christine Ferniot - Télérama du 17 octobre 2012)

Son roman défend une certaine idée de la littérature, sans prétention, sans effets de manche. Celle qui transfigure le quotidien par l'imaginaire, plante des personnages et des images dans les esprits et fait bouillonner les coeurs. Vassilis Alexakis ne s'oublie pas à manipuler ainsi les âmes créées par les autres. L'Enfant grec, facétieusement, incruste dans la mythologie du Luxembourg une ombre boitillant, pipe en poche, non loin de Richelieu, Baudelaire et des autres, tout près de l'éternité. (Frédérique Roussel - Libération du 25 octobre 2012)

L'Enfant grec est peut-être un roman, à moins qu'il ne s'agisse d'une autobiographie audacieuse. On y déniche aussi une joyeuse réflexion littéraire, une promenade culturelle sans pédanterie, capable de sauter du coq à l'âne, de Tarzan à Guignol, de Lucien de Rubempré à Ricardo le clochard, de Jules Verne à Balzac...
L'auteur donne rendez-vous sous la statue de Marie Stuart, près des toilettes tenues par Marie-Paule. De là, vous irez en sa compagnie prendre un verre à l'Auberge des Marionnettes où vous croiserez, si le coeur vous en dit, Victor Hugo et le chat Minouchet. Ce voyage au pays de l'enfance et de la lecture a toutes les chances d'être exaltant car le guide est fantasque et son discours affûté. (Christine Ferniot - Lire, octobre 2012)

Biographie de l'auteur

Vassilis Alexakis a publié entre autres Paris-Athènes, La langue maternelle (prix Médicis 1995), Les mots étrangers, Ap. J.-C. (Grand Prix du roman de l Académie Française 2007) et Le premier mot. L enfant grec est son quatorzième roman.
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