Emmanuel Béat et François Cluzet sont vraiment excellents dans leur rôle du petit couple parfait qui, du jour au lendemain, se trouve enrôlé dans une sordide paranoïa. Le Monsieur Paul en question a des doutes quant à la fidélité de sa femme. Au début, ça parait anodin, inconséquent, on tend l'oreille plus que d'habitude, on finit par fouiller dans le sac à main, par suivre pas à pas l'être aimé. Tant et si bien qu'on ne parvient plus à distinguer la réalité du mythe ignoble que l'on se construit, qu'on ne parvient plus à distinguer l'amour de la haine, la vie de la mort.
Il faut bien l'avouer, Chabrol a le don de nous mettre mal à l'aise. Mal à l'aise parce que ce couple du départ, ça pourrait très bien être le nôtre, et que l'on se demande, non sans inquiètude, comment ne jamais mettre le doigt dans cet engrenage infernel.
Entre la jalousie et la folie, il n'y a qu'un pas, à moins que les deux soient plus intimement liées encore. Fort possible.