Lennie Tristano, comme Bill Evans ou Coleman Hawkins ont été formés par la musique classique. Tristano n'avait qu'un maitre : Johann Sebastian Bach.
Cela transparait à travers toute son oeuvre, que certains trouveront austère mais qui a donné un coup de sang neuf dans la façon d'appréhender le piano dans le jazz moderne.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Tristano n'a eu aucun "successeur" pianiste mais beaucoup, de Bill Evans à Paul Bley en passant par Cecil Taylor ont reconnu s'être inspirés du maitre.
Cette influence de Bach on la retrouve sur les très beaux "Requiem" et "Turkish Mambo", cette incursion dans la polyphonie (par le jeu de re-cording) dans le jazz est tout simplement phénomenale.
Pas un seul instant Tristano ne se laisse aller à trop de lyrisme, cette introspection, ce sens de l'analyse le rapproche autant de Bill Evans que du pianiste classique Claudio Arrau.
Après cela les plages "live" qui suivent sont une bulle d'air frais. Le quartet de Tristano, Lee Konitz en tête est sur un nuage et aligne quelques chouettes standards comme "Theses Foolish Things" ou "All the Things we Are" qui doit être avec "Autumn Leaves" le thème le plus joué en jazz.
Une bonne entrèe en matière pour qui voudra connaitre l'univers si original de ce maitre du piano.
Après il pourra passer au superbe "Intiution" ou le légendaire "Live At Toronto".