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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
chef d'oeuvre JANACEK-BOULEZ-CHEREAU,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leos Janácek - De la maison des morts / Mahler Chamber Orchestra, Boulez, Chéreau (Festival Aix-en-Provence 2007) (DVD)
Pour l'avoir vu 2 fois, au festival d'Aix en Provence (Pierre Boulez) puis à La Scala (Eka Peka-Salonen), le DVD fut le bienvenu pour garder le souvenir d'une des deux productions les plus accomplies du festival Aixois sous l'ère Lissner (la seconde étant The turn of the screw de B. Britten, Luc Bondy/Daniel Harding).Saluée par la critique, par l'enthousiasme des spectateurs, l'oeuvre de Janacek dans la mise en scène de Chéreau, sous la direction inspirée de Pierre Boulez (qui fit d'ailleurs à cette occasion ses adieux à la direction d'ouvrages lyriques) hantera longtemps l'imaginaire des mélomanes sensibles. Sur l'ile déserte ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Violence sans espoir,
Par Mattarkarna "matkaem" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 1000 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leos Janácek - De la maison des morts / Mahler Chamber Orchestra, Boulez, Chéreau (Festival Aix-en-Provence 2007) (DVD)
Un drôle d'opéra... La musique est belle, riche, dramatique, d'une irrégularité intense et séduisante. L'orchestre dirigé par Boulez donne une remarquable prestation et les chanteurs sont performants. La mise en scène de Chéreau est fluide, mettant l'accent sur le caractère glauque, violent et sans issue de l'argument. C'est d'ailleurs là où Chéreau est le plus brillant, quand il s'agit de montrer la violence sans espoir. Là où le bât blesse c'est dans l'essence même de l'argument. D'une originalité certaine (le climat terrifiant d'un bagne) il n'y a pas d'histoire. Un chassé croisé de destins de bagnards plus ou moins tragiques qui se racontent les uns après les autres sans réel fil conducteur... C'est ce qui diminue à mon avis, la portée dramatique de cette oeuvre. Néanmoins, dans l'ensemble, cet opéra est à découvrir.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Impossible de faire mieux.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leos Janácek - De la maison des morts / Mahler Chamber Orchestra, Boulez, Chéreau (Festival Aix-en-Provence 2007) (DVD)
La production du dernier opéra de Janacek, terminé juste avant de mourir et créé à titre posthume, représente une véritable gageure. On y combine le côté brut d'une partition qui recèle de changements de rythmes, incohérents, et qui demandent au chef d'orchestre de faire des choix entre des options incompatibles entre elles, avec la brutalité d'un texte quasi intégralement tiré d'un ouvrage de Dostoïevski où il relate ses souvenirs de bagne en Sibérie. S'y ajoute la difficulté d'une langue, le Tchèque, rendant le recours à des interprètes non natifs difficile (mais non pas impossible certes comme c'est le cas ici pour quelques chanteurs). Enfin, il convient de maîtriser l'unité de lieu, le bagne, où tout l'opéra se déroule ce qui oblige à faire preuve d'imagination et de créativité pour créer des espaces scéniques variés, propres à souligner la violence qui se déroule sous nos yeux sans lasser.Il fallait donc un duo partageant une unité de conception de l'oeuvre de Janacek, ayant l'habitude de travailler ensemble et de s'apprécier pour relever le défi. C'est le cas des deux monstres sacrés que sont Pierre Boulez et Patrice Chéreau qui avaient sonné un grand coup dans les années quatre-vingt avec le Ring de Bayreuth et remis cela avec Lulu à Paris, bien des années plus tard. De ce bagne, Chéreau fait une figure symbolique de tous les camps, de toutes les prisons du monde qui ont connu une sorte d'apogée dans l'horreur en ce vingtième siècle. Symbolisé par d'immmense panneaux coulissants gris figurant des blocs de béton, le camp s'ouvre sur des géométries variables soulignant le caractère oppressant chaque fois que de nécessaire. La scène où surgit du ciel un monceau d'ordures dans un nuage de poussière où vont s'engouffrer les prisonniers pour ramasser et nettoyer la scène est absolument saisissante de réalisme et d'effroi. Le long intermède où les prisonniers interprètent de manière grossière un petit opéra dans l'opéra et un pantomime de la belle meunière devient un troublant concentré de ce que la prison agrège en elle jusqu'à le faire exploser en pulsions mortelles. L'homosexualité, la privation de femmes, la lutte pour le pouvoir, l'intimidation, la violence sont les ingrédients d'un ballet dérangeant et morbide à la fois qui constitue un moment terrifiant de cette production. Car, dans cet opéra, c'est bien de terreurs dont il est question. Terreur de l'enfermement, terreur de la torture régulièrement pratiquée, terreur de l'assassinat régulièrement commis dans ce vase clos, terreur de ce qui attend une fois l'hypothétique liberté retrouvée. Mais c'est aussi une sorte de longue suite de divagations où chaque personnage crie, dans toute sa nudité et sa crudité, les raisons qui l'ont amené là. Souvent l'alcool, la jalousie, la bêtise et toujours l'exploitation des faibles par les forts. Des cris prononcés publiquement mais rarement entendus tant il manque de compassion. Pendant cent minutes, on vit dans un autre monde, apocalyptique et cauchemardesque magnifiquement rendu par la mise en scène de Chéreau, les costumes qui disent l'absolue misère, les éclairages qui plombent les acteurs-chanteurs souvent entravés par des chaînes et les chorégraphies aussi dérangeantes qu'interpellantes. Pendant cent minutes, on écoute fasciné ces voix si proches du sprechgesang tant Janacek tenait à ce que sa musique reflète le parler populaire. Pendant cent minutes on est bouleversé par une musique souvent aride et qui, brutalement, s'envole vers un lyrisme exacerbé et coloré puisant ses origines dans le folklore tchèque. Pendant cent minutes, on vit sous le magnétisme d'une interprétation inoubliable et sans doute à jamais insurpassable. Un chef-d'oeuvre total. Indispensable ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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