C'est en définitive un petit film. Une petite ville en arrière du front de 14-18. un village à côté de cette petite ville. Le petit monde de ce village et de cette ville. Un procureur, un maire, un juge, quelques gendarmes, un policier et beaucoup de soldats.
Une atmosphère glauque au plus haut point dans ce lieu où une fillette de neuf est assassinée après que son institutrice soit morte on dira pendue mais plus vraisemblablement étranglée. Cela tourne autour du procureur qui est probablement coupable car il revit sur ces deux personnes, l'institutrice et l'enfant, l'amour qu'il a eu pour une femme qu'il a perdue quand elle avait vingt-trois ans.
Mais rien n'est simple. Le juge qui est rentré d'Afrique où il était juge colonial se satisfait d'une paire de déserteurs, l'un s'accusant puis se pendant, l'autre refusant mais finalement, après la torture s'accusant et il en sera fusillé. Mais un policier de Bretagne arrive le lendemain pour apprendre au policier local qu'il pourchassait ce jeune homme pour un viol et un étranglement d'une enfant de treize ans.
Rien n'est simple me direz-vous.
Mais cela ne fait pas un vrai bon film. Trop glauque, trop dénonciateur du mal de la guerre de façon trop évidente. Il n'y a pas de guerre heureuse ou propre, mais il y a dans la guerre des moments d'immense lumière et ce film n'en a aucun. C'est tellement facile de dénoncer l'horreur sans voir que dans le c½ur même de cette horreur il y a la plupart du temps des flashes de lumière éblouissants.
En définitive c'est un film pour la télé mais pas un film pour le grand écran.
Dr Jacques COULARDEAU