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Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le procureur, le flic, le médecin
tous font rouler depuis des années lagréable train-train de la comédie sociale faite damicaux échanges. Cest curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans limmuable tranquillité de la bourgeoisie sûre delle-même. Pourtant tout bascule lorsquune fillette de 10 ans est retrouvée morte dans leau. La petite Belle-de-Jour, comme on lappelle. Tous la connaissent, elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin. "Bien, bien, bien
" reprend le juge, tout content davoir un meurtre, un vrai à se mettre sous la dent, un meurtre denfant en plus, et de petite fille pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au château, juste à côté du lieu du meurtre
Philippe Claudel possède un grand talent de conteur. Auteur de plusieurs romans, de récits, de chroniques, de nouvelles, il sait imposer demblée un ton particulier, soit une forme assez conventionnelle et classique de la composition mêlée à une plongée psychologique subtile et noire dans le fond de chaque être. --Denis Gombert
Philippe Claudel possède un grand talent de conteur. Auteur de plusieurs romans, de récits, de chroniques, de nouvelles, il sait imposer demblée un ton particulier, soit une forme assez conventionnelle et classique de la composition mêlée à une plongée psychologique subtile et noire dans le fond de chaque être. --Denis Gombert
Présentation de l'éditeur
" Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé
- C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil
- La paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette.
- C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil
- La paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette.
Quatrième de couverture
« Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé. - C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grossies. - La paix mon os ! lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. » Philippe Claudel, écrivain et scénariste, est né en 1962. Il est notamment l'auteur de J'abandonne, Balland (Prix France télévision 2000), du Bruit des trousseaux, Stock, 2002, et des Petites mécaniques, Mercure de France (Bourse Goncourt de la nouvelle 2003).
Biographie de l'auteur
Philippe Claudel, écrivain et scénariste, est né en 1962. Il est notamment l'auteur de J'abandonne, Balland (Prix France télévision 2000), du Bruit des trousseaux, Stock, 2002, et des Petites mécaniques, Mercure de France (Bourse Goncourt de la nouvelle 2003)