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Les épines et les roses [Broché]

Robert Badinter
4.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (6 commentaires client)
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

    Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l’abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s’achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique.
    Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m’avait prévenu au lendemain de l’abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. »
    Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d’y trouver, mêlée au récit des événements, l’expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République.
    De tout ce que j’ai pu réaliser à cette époque, l’essentiel demeure : irréversibilité de l’abolition, suppression des juridictions d’exception, dépénalisation de l’homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l’homme, amélioration du régime des prisons, et bien d’autres mesures encore.
    Je n’ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu’il s’agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l’opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d’être le pompier de la délinquance, comme on s’obstine à le faire croire. 

    En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. » 
                                                                                                                                                                                R.B.

Biographie de l'auteur

Avocat, universitaire, essayiste et homme politique français, Robert Badinter s’inscrit au barreau de Paris en 1951, il débute sa carrière d’avocat comme collaborateur d’Henry Torrès. Il soutient une thèse sur les conflits de droit aux États-Unis et réussit l’agrégation de droit en 1965. Le procès le plus célèbre où il intervient est certainement celui de Patrick Henry, meurtrier d’un garçon de sept ans en 1976. Grâce à sa plaidoirie contre la peine de mort en 1977, il sauve la tête de Patrick Henry, ce dernier étant condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est le commencement de la fin pour la peine capitale.
Ancien président du Conseil constitutionnel, il est principalement connu pour son combat contre la perpétuité réelle et la peine de mort dont il obtient l’abolition en France le 30 septembre 1981 en tant que Garde des Sceaux, pour la dépénalisation des relations homosexuelles entre majeurs de moins de 21 ans, et surtout comme auteur du nouveau Code pénal.
 

Robert Badinter a publié chez Fayard L’Exécution, Condorcet, un intellectuel en politique (en collaboration avec Elisabeth Badinter), La Prison républicaine, L’Abolition (prix Femina Essai 2000) et Contre la peine de mort (recueil de textes et discours), ainsi qu’un projet de Constitution européenne et d’un ouvrage sur le Code civil intitulé Le plus grand bien… Le procès qu’il a remporté contre Robert Faurisson en 2007 a donné lieu à une publication : La Justice et l’histoire face au négationnisme, au cœur d’un procès, qu’il a préfacée

Copyright : Hélène Bamberger

Détails sur le produit

  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Fayard (16 mars 2011)
  • Collection : Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2213662592
  • ISBN-13: 978-2213662596
  • Moyenne des commentaires client : 4.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (6 commentaires client)
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Et si l'important, c'étaient les roses, 18 avril 2011
Par 
Joël (Pristina, Kosovo) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les épines et les roses (Broché)
En lisant ce livre, défilaient devant moi les images de Robert Badinter prononçant un discours, à Genève en octobre dernier, lors des cérémonies commémoratives de la centième session du Comité des droits de l'homme. Ce Comité qui lui adressa des éloges en 1983, se plaît-il de rappeler dans son livre. Sobriété plus qu'austérité, raffinement plus qu'ostentation, maîtrise des sujets plus qu'étalage de culture : telles sont les qualités principales de l'individu pétri des valeurs républicaines françaises. Opiniâtreté aussi, tout autant que combativité.

C'est tout cela que j'ai retrouvé dans son livre qui se lit comme le roman de la justice française entre 1981 et 1986. Robert Badinter restera l'homme qui, avec son équipe et le soutien du Président Mitterrand, a su redonner à la France l'image de la patrie des droits de l'homme. L'abolition de la peine de mort restera ce qui aura marqué les consciences mais l'ancien garde des Sceaux rappelle que son passage à la tête du ministère de la Justice ne s'est pas limité à cela. La dépénalisation de l'homosexualité, la disparition des juridictions d'exception, la protection des victimes, les efforts d'humanisation des prisons font partie de cette longue liste de réformes menées à bien tout au long de ces 5 années. L'adoption du nouveau Code pénal n'aura lieu qu'en 1992, à sa grande déception. La réforme de l'instruction sera, quant à elle, passé à la trappe.

Robert Badinter ne se limite pas dans ce livre à parler de lui. Il ajoute, ce qui n'étonne pas vraiment, une touche pédagogique. Ainsi d'expliquer ce qu'est la loi pénale : « la loi pénale a pour finalité première la défense de la société et de ses membres. Sa seconde fonction est plus secrète. Toute société repose sur certaines valeurs reconnues par la conscience collective. Ces valeurs se traduisent par des interdits. Ainsi la loi pénale exprime les valeurs d'une société : c'est sa fonction répressive. Qu'il y ait rupture d'harmonie entre ces deux fonctions, et celle-ci ne remplit plus son office dans la société. Si l'infraction subsiste alors que son fondement moral a disparu, elle apparaît comme une injustice dès lors qu'elle est encore poursuivie. »

Dans ce livre, Robert Badinter n'a de cesse de décrier ceux qui jouent du populisme pénal comme il l'appelle lui-même. « Clamer qu'on sera impitoyable avec les voyous, déclarer qu'on se place du côté des victimes, annoncer une fermeté sans faille contre les criminels et délinquants (alors que la décision relève des magistrats et jurés), voilà qui donne à peu de frais une image politique à la Clémenceau et assure une réputation. »

Monsieur Badinter s'est assuré une réputation en s'appuyant sur des principes et valeurs à l'opposé de ceux qu'il dénonce et ce n'est pas pour déplaire à ceux qui croient en une justice à visage humain, une justice respectueuse des droits de l'homme.

Toutefois, le seul point faible de ce livre est la qualité de ses annexes. Avoir placé des photocopies de mauvaise qualité de photos ou de diagrammes ôte à ce livre de sa superbe. La sobriété laisserait-elle la place à l'austérité? Mais cette faute de goût dans la forme, n'enlève rien à la richesse d'enseignement de l'ouvrage. A l'instar de ces étudiants de Tolbiac, dont il est fait référence à la fin du livre, j'ai envie de dire : « Merci, monsieur Badinter ! »
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les jardins de la place Vendôme, 22 mai 2011
Par 
CéCédille "C.C." (Bordeaux -France-) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les épines et les roses (Broché)
Jean Giraudoux évoque joliment, dans «Bella», les jardins de l'Hôtel de Bourvallais, (siège du ministère de la Justice, place Vendôme), lorsqu'il écrit : «Les merles indivis entre le Ritz et le Ministère, entre les belles Américaines et la justice, sifflèrent ».

Robert Badinter, lui, y entend plutôt, de son bureau, fenêtres ouvertes, « les accords très "jazzy" du pianiste du Ritz, notre voisin, singulière musique de fond pour l'étude des demandes de grâce ou de libération conditionnelle des grands criminels ».

Sa mélancolie à la contemplation de l'ordonnancement des plates bandes et des massifs taillés, entre lesquels Marie Antoinette et le Dauphin firent leur dernière promenade avant d'être enfermés au Temple, s'efface « à la fin du printemps, lors de l'éclosion des roses ».

Roses et épines recomposées rassemblent en un titre piquant les souvenirs du garde des sceaux, depuis l'abolition de la peine de mort en octobre 1981 jusqu'à son départ de la Chancellerie, en février 1986. Le rappel du déferlement de haine contre la nomination de l'avocat des grands criminels, l'artisan de l'abolition et l'incarnation du laxisme, est difficile à croire concernant l'homme politique qui a sans doute le plus ½uvré à l'invention d'une politique pénale exigeante et humaniste dans une conjoncture difficile, avec des moyens contraints.

Ce récit minutieux, en forme de rapport -avec annexes-, mais qui se lit comme un roman d'aventures, est plein d'enseignements. En un simple coup d'½il les graphiques montrent l'état de la justice avant et après son passage : La suppression des juridictions d'exception, le choc informatique, qui va révolutionner le quotidien de l'institution, l'accès au droit considérablement amélioré, la mise en place du travail d'intérêt général et des alternatives aux peines d'emprisonnement, pour éviter de construire trop de prisons. R. Badinter ne souhaite pas rester à la postérité comme un "Vauban judiciaire". Il préfère une politique active de prévention à l'augmentation sans fin des moyens de répression.

En moins de cinq ans, le bilan est impressionnant. Tout le champ du droit est concerné. Une soixantaine de lois, pénales, civiles, économiques... dont certaines proprement révolutionnaires. Le droit des victimes est renforcé et porté à un niveau comparable aux législations les plus favorables en Europe. La condition pénitentiaire est améliorée. L'indemnisation des victimes d'accidents de la circulation est assurée par la seule loi qui porte le nom du ministre, qui a su vaincre la résistance persistante de la jurisprudence et des sociétés d'assurance, et ce au profit des plus faibles (piétons, cyclistes, enfants et vieillards). Seuls les spécialistes mesurent l'allègement de la charge des tribunaux que ce texte a apporté de surcroît. Le rappel de toutes ces réformes, auxquelles s'ajoute la mise en chantier d'un nouveau code pénal qui aboutira en 1994, est agrémenté de nombreux souvenirs et anecdotes qui rendent le récit très vivant. Il enseigne que les efforts peuvent être payants. La reconnaissance progressive des bienfaits d'une telle politique s'accompagne d'une spectaculaire remontée de popularité de ce ministre si décrié à ses débuts. L'auteur sait transmettre sa ferveur dans le rappel de la ratification par le parlement français du VIème protocole annexe à la Convention européenne des droits de l'homme qui a pour effet de rendre irrévocable l'abolition du la peine de mort, qui avait inauguré son mandat.

Tous les mois de mai, les troènes qui longent les jardins du ministère diffusent leur parfum entêtant et inoubliable. Après la triste succession des derniers Garde des sceaux, on se prend à rêver, avec le retour du printemps, d'un grand ministre, à l'image de l'auteur, qui redonne à l'institution que la Justice désigne, les couleurs de la vertu qu'elle doit incarner.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Justesse et Justice, 16 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les épines et les roses (Broché)
Les épines et les roses retracent avec sobriété, ainsi qu'un brin de pédagogie, l'itinéraire que suit Robert Badinter d'octobre 1981 à février 1986 en tant que Garde des Sceaux. Ce livre fait dialoguer justesse et justice, une lecture qui peut être essentielle pour comprendre la face cachée des discours sécuritaires et de leurs dérives ; un récit humain, instructif et passionnant.
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