Je tiens à préciser que le film est en noir et blanc. Ce choix lui donne un caractère un peu vieilli. Le début, qui me rappelle un peu "Zéro de conduite", s'ouvre sur la description de l'école d'antan: stricte, avec la séparation des garçons et des filles et un rapport un peu autoritariste des maîtres sur les élèves. J'ai donc eu du mal à entrer dans le film, en raison d'une bande son perfectible et de cette école d'un autre temps où les garçons n'hésitent pas à faire les "400 coups" derrière le dos du maître inflexible.
Ce qui n'a cependant pas vieilli, ce sont les émotions du protagoniste, ses sentiments: jeune adolescent, en échec scolaire, n'ayant jamais connu son géniteur, adopté par son beau-père qui tente tant bien que mal de l'élever, ce jeune souffre. Mal aimé, incompris, il se révolte contre les institutions: l'école qui ne le comprend pas, ses parents qui le condamnent parce qu'ils sont démunis face à un adolescent qu'ils ne contrôlent plus.L'amitié, heureusement, lui procure un soutien chaleureux.
Le film n'apporte aucune conclusion psychologisante. La fin reste ouverte. Que deviendra ce jeune homme et d'autres qui n'ont pas trouvé leur place dans un système scolaire, éducatif, qui leur convient? On ne sait pas. On voit juste une image conclusive: l'appel du grand large, celui de la fuite vers un autre ailleurs.
Ce long-métrage, premier grand succès du cinéma de la Nouvelle Vague, m'a d'autant plus touchée qu'il s'inspire de la vie du réalisateur. François Truffaut aurait failli sombrer dans la petite délinquance, s'il n'avait pas été sauvé par son amour pour les livres et le cinéma. Un peu comme Gérard Depardieu qui a trouvé un exutoire dans le cinéma et une issue glorieuse grâce à cette passion.
Peut-être que la véritable issue de ces enfants un peu marginaux, c'est de trouver leur voie, en développant une passion. Mais laquelle? C'est ce que n'a pas encore trouvé ce jeune homme. Tout est alors possible: la chute ou la renaissance.