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Les Adieux à la reine - Prix Fémina 2002
 
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Les Adieux à la reine - Prix Fémina 2002 [Broché]

Chantal Thomas
4.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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Descriptions du produit

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Voilà un premier roman pas comme les autres... D'abord parce qu'il ne s'agit pas du premier ouvrage de l'auteur. Chantal Thomas a déjà apporté aux lettres des études remarquables, notamment consacrées à Sade et à Thomas Bernhard, fouillant les limites de la littérature. Ensuite parce que Les Adieux à la reine dont l'action se déroule au XVIIIe siècle, n'est pas véritablement un confortable roman historique mais bien plus que cela. Qu'on s'explique : nous sommes en 1789. En trois jours, entre le 14 et le 16 juillet, l'Ancien Régime connaît la débâcle. Un effondrement rapide, sec, brutal et définitif, raconté heure après heure et a posteriori, vingt ans plus tard, par la lectrice de Marie-Antoinette, un humble et modeste personnage au service de la royauté, fasciné par la Cour, la grâce et la beauté de la reine. À travers elle, Agathe-Sidonie, enfermée dans son exil, se délivre donc la chronique d'une fin de monde : la reconstitution historique et minutieuse d'une société moribonde, cloîtrée dans sa bulle, qui ne voit rien venir et n'entend rien. Au fil des pages, subtilement, les portraits se découvrent, tout en nuances, entre bouffonneries et fuite piteuse, entre bons mots et débandade, sans manichéisme. Historienne et essayiste, Chantal Thomas réussit ainsi haut la main son entrée en littérature. --Céline Darner

Extrait

J’ai vécu à Versailles, où j’étais lectrice de la reine Marie- Antoinette, lectrice adjointe, pardon. C’était une toute petite fonction, rendue encore plus mince par le peu de goût de la Reine pour la lecture. Mon protecteur, monsieur de Montdragon, Maître d’hôtel ordinaire à la Cour, m’avait accueillie avec une extrême gentillesse, sans manquer cependant de m’avertir. C’était un jour de la fin décembre, un jour de plein hiver comme aujourd’hui, mais sans neige. Il y avait une lumière coupante, presque métallique. Les arbres aux troncs noirs se dessinaient sur un ciel très bleu.
Au château, se risquer dans les intervalles qui séparaient les feux de cheminée – et les zones enfumées, irrespirables et aveuglantes qu’ils produisaient – , c’était se trouver paralysé à l’intérieur d’un bloc de glace. Il fallait continuer de bouger, sinon on risquait de périr. Enveloppé dans sa pelisse de loup, monsieur de Montdragon m’examinait. À ma première réponse, timide, tandis que je ne pouvais me retenir de remuer les doigts pour les empêcher de s’engourdir, il m’avait jugée apte pour mes fonctions. «Vous avez une belle voix, m’avait-il dit, un peu basse et qui se fait oublier.»

Présentation de l'éditeur

Durant les trois jours qui suivent la prise de la Bastille, la cour de Versailles se trouve dans un état de totale désorganisation. Une femme en témoigne : Agathe-Sidonie Laborde, «lectrice adjointe» de Marie-Antoinette, intime de la reine, sans être son amie. Sa position lui permet d’observer, sans tout à fait faire partie du cercle autorisé. Elle erre dans le château, dont on découvre avec une grande précision les coulisses. L’illusion du pouvoir est encore maintenue, mais tout mine l’aristocratie destituée, au milieu de laquelle la reine se maintient comme un fantôme.

L'auteur vu par l'éditeur

Spécialiste du XVIIIe siècle, Chantal Thomas est directrice de recherche au CNRS.
Elle a publié de nombreux essais sur Sade, Casanova, Thomas Bernhard, Marie-Antoinette. Elle a édité et présenté plusieurs ouvrages du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Elle a également écrit deux récits, plus personnel : La Vie réelle des petites filles et Comment supporter sa liberté.
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