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Deux ans après Dans ces bras-là de Camille Laurens, les éditions POL publient Les Amants de Marie de Leslie Kaplan. Une même forme – le fragment – pour un même thème – les amours d'une vie – : on reste quelque peu perplexe… Heureusement, passé les vingt premières pages, le livre de Leslie Kaplan se démarque totalement de celui de Camille Laurens. Dans la forme d'abord, puisque Leslie Kaplan combine les fragments de manière à créer ce que l'on pourrait appeler "un effet de guirlande" : tout personnage secondaire apparaissant dans un fragment devient le personnage principal du suivant. Dans le thème ensuite, puisqu'il n'est pas seulement question d'amour ou d'amants mais de la société tout entière. M le Malade (alias le petit bonnet), Sammy, Dahlia, Mary, Jimmy l'Américain sont autant de personnages qui tirent le texte et le regard vers l'extérieur. Un peu à la manière de Sophie Calle, Leslie Kaplan déambule dans Paris et, par le biais de quelques personnes, note les questions que le monde se pose. On y trouve ainsi les pensées de ceux qui aiment vagabonder. C'est cela au fond : Les Amants de Marie est un texte de vagabonds, d'êtres qui osent prendre du temps et des risques. N'est-ce pas ce qu'il faut pour rencontrer l'amour ? --Isabelle Magnien
Présentation de l'éditeur
Marie a eu des amants, Marie a des amants. Marie, celle qui jette en riant ses vêtements par terre, Marie aux seins si ronds, si nus. Mais le problème de Marie, c'est qu'elle s'en va toujours, elle s'en va en courant, elle claque la porte. Pourquoi ?
Autour de Marie, il y a des hommes et des femmes, proches, lointains, amants ou pas. Il y en a qu'elle ne verra même pas, mais ils sont là, ils passent tout près. Ils sont nombreux avec leur vie, leurs occupations, leurs complications, une manière heureuse ou non d'être là. Et au milieu, partout, nulle part, insaisissable, " M le malade ". Il met la ville en crise, il s'y entend à pointer les contradictions ou les nullités, on ne parle que de lui, grâce à lui bientôt les rues sont pleines de mots.
Marie pose et se pose des quantités de questions, histoire de comprendre ce qui se passe et ce qui passe, histoire d'attraper, de saisir. Comprendre et saisir les détails du monde, pas des morceaux ou des bribes, non, des détails à superposer, à mettre en relation, et puis voir ce que ça donne : penser. Penser ce monde incompréhensible et contradictoire. Mais tout de même on y arrive, à partir d'une position différente, quand on sort du rang, on arrive, à le voir, et à le penser, et à comprendre, par exemple, qu'un chaos ça peut être aussi un chantier.
Autour de Marie, il y a des hommes et des femmes, proches, lointains, amants ou pas. Il y en a qu'elle ne verra même pas, mais ils sont là, ils passent tout près. Ils sont nombreux avec leur vie, leurs occupations, leurs complications, une manière heureuse ou non d'être là. Et au milieu, partout, nulle part, insaisissable, " M le malade ". Il met la ville en crise, il s'y entend à pointer les contradictions ou les nullités, on ne parle que de lui, grâce à lui bientôt les rues sont pleines de mots.
Marie pose et se pose des quantités de questions, histoire de comprendre ce qui se passe et ce qui passe, histoire d'attraper, de saisir. Comprendre et saisir les détails du monde, pas des morceaux ou des bribes, non, des détails à superposer, à mettre en relation, et puis voir ce que ça donne : penser. Penser ce monde incompréhensible et contradictoire. Mais tout de même on y arrive, à partir d'une position différente, quand on sort du rang, on arrive, à le voir, et à le penser, et à comprendre, par exemple, qu'un chaos ça peut être aussi un chantier.