Les annales du Disque-Monde constituent l’œuvre majeure de l’anglais Terry Pratchett, qui y a gagné ses galons d’humoriste reconnu et vénéré. Avec plus de 30 volumes au compteur, voilà une série qui a séduit bien des lecteurs et suscité un enthousiasme sans cesse renouvelé. Un monde plat et rond, porté par quatre éléphants eux-mêmes juchés sur la carapace d’une énorme tortue. Tout ça a de quoi surprendre. Sur ce gigantesque disque, un univers inspiré des romans de fantasy, peuplé de dieux, sorciers, brigands, monstres, assureurs, etc. qui constituent un petit monde hétéroclite, bigarré et complètement frappé. Car le Disque-Monde est avant tout une gigantesque farce, parodie lancée à la face du monde, qui n’épargne rien ni personne.
Dans ce tome d’exposition, le lecteur découvre le destin de quelques-uns des personnages les plus récurrents de l’univers de Pratchett : Rincevent, magicien raté et trimballé aux quatre coins du Disque, la Mort, au travail pénible et ingrat et quelques autres joyeux drilles réjouissants. La Huitième Couleur détourne quelques clichés de la fantasy de belle manière. On trouve ainsi les doubles de Conan le Barbare, l’épée Stormbringer ou Fahrd et le Souricier Gris, les deux héros de Fritz Leiber. On se perd avec plaisir dans ce roman un peu fou, où tout est détourné, éraflé, où les bons mots côtoient les pires calembours et le comique règne en maître incontesté. La trame du livre n’est pas toujours claire ou passionnante, qu’importe, la plume de Pratchett est agréable à lire, l’humour omniprésent et fin. Bref, il faut lire Pratchett, ses bouquins sont vraiment à mettre entre toutes les mains.