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Il donne à Tintin des compagnons d'aventure qui vont prendre une place essentielle : les Dupont/d (Les Cigares du pharaon), le capitaine Haddock (Le Crabe aux pinces d'or), le professeur Tournesol (Le Secret de la Licorne) ou Bianca Castafiore (Le Sceptre d'Ottokar). Hergé n'hésite pas à jouer avec ses personnages : Les Bijoux de la Castafiore montrent un Tintin dépassé par les événements, loin de son image traditionnelle. Jusqu'à l'œuvre ultime, laissée inachevée par la mort d'Hergé en mars 1983 : Tintin et l'alph-art, dont la dernière case montre le héros en bien fâcheuse posture...
Tintin a su séduire les jeunes comme les adultes. Grâce à la lisibilité de la narration et du dessin, la justesse des dialogues, le sens du rebondissement et de l'intrigue... Mais aussi le souffle de l'aventure, de l'amitié et de la générosité. Et, en plus, ce quelque chose d'indéfinissable qu'Hergé lui-même ne savait expliquer... Une bande dessinée universelle. --Gilbert Jacques --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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24 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le côté obscur de l'oeuvre d'Hergé,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tintin au Congo (Relié)
Ça y est, je l'ai encore entendu. Une fois de trop, comme toutes les autres fois : "Hergé était une raciste. C'était un fasciste. La preuve : "Tintin au Congo" !".... Bon, disons-le tout net : Ceux qui tiennent ce discours ne connaissent rien à Tintin, encore moins à Hergé. Ils n'ont pas lu son œuvre ou l'ont juste survolée. Je ne veux nullement prendre acte pour un courant de pensée, ni défendre un point de vue contre un autre, et encore moins contester la liberté de penser de tout un chacun. Mais la vérité est la suivante : Hergé fut, en plus d'un des grands auteurs du 20° siècle, tout médium confondu, un HUMANISTE total. Humanisme dont il a gorgé son œuvre. Aux antipodes l'un de l'autre, au sein de cette œuvre remarquable parmi les plus marquantes de son temps, il y a deux livres : "Tintin au Congo" et "Tintin au Tibet". Soit les deux faces opposées d'une unique pièce. L'obscure et la lumineuse. Le début et la fin, en quelque sorte. Pour cette raison, j'ai déposé le même avis sur les deux livres... Lorsqu'Hergé est engagé au "Vingtième Siècle", journal belge pour lequel il officie entant qu'illustrateur, il a 18 ans. Il tombe immédiatement sous la coupe de l'Abbé Wallez, le directeur du journal. Wallez est une forte personnalité, ultracatholique, ultranationaliste, fasciste et anticommuniste (Un portrait de Mussolini dans son bureau !). Hergé est un jeune garçon timide, peu sûr de lui, qui s'autocritique sans-cesse. Et dans cette Belgique où l'église et l'état ne sont pas dissociés, c'est l'abbé Wallez qui imposera au jeune dessinateur les trois premières aventures de Tintin (Tintin au Congo étant la seconde). Lorsqu'il commence son œuvre, il a seulement 19 ans... Hergé racontera plus tard à quel point, lors de la création de Tintin au Congo (tout comme pour "Tintin au pays de Soviets" et "Tintin en Amérique"), il vivait dans un milieu fait de préjugés. C'est pour cela que cet album est très éloigné des prises de positions anticolonialistes qui apparaissent dans son œuvre dès le "Lotus bleu". C'est pour cette raison aussi qu'il est rempli de stéréotypes, typiques de la vision qu'avaient les Européens de l'Afrique à cette époque. Hergé dira : "Tintin était un jeu pour moi jusqu'au Lotus bleu". Sans oublier qu'il vivait une époque où le drame de la Shoa n'avait pas eu lieu, où personne ne possédait encore le recul nécessaire sur les retombées futures de la colonisation et les responsabilités que tout cela pouvait encourir... C'est lorsque notre homme décide d'envoyer son héros en Chine qu'intervient la personne qui va jouer un rôle décisif dans la suite de son œuvre : Tchang Tchong Jen. Jeune chinois venu en Belgique poursuivre ses études, Tchang demande à Hergé de faire attention avec les stéréotypes sur un pays traversant une période critique et lui demande de bien se documenter. C'est le déclic : Hergé prend conscience de la portée des aventures de Tintin et s'éveille à la raison (Il créera d'ailleurs immédiatement les personnages des Dupondt, qui lui serviront d'exutoire en endossant, pour soi-disant passer inaperçu, tous les stéréotypes les plus flagrants des populations visitées ! Il fera également de Tchang un compagnon pour Tintin.). A partir de là, la plus-part des aventures de tintin deviendront engagées politiquement et prendront fait et cause pour les opprimés. Anticolonialiste dans "le Lotus Bleu" (quatre ans seulement après "Tintin au Congo"), antifasciste dans "L'Oreille Cassée", le "Sceptre d'Ottokar", « L'Affaire Tournesol » et "Tintin et les Picaros", dénonçant le trafic d'esclaves dans « Coke en Stock », prenant la défense des ROM dans "Les Bijoux De La Castafiore", le côté humaniste de son œuvre culmine dans le sublime "Tintin au Tibet", qu'il écrit en 1958 après une grave crise personnelle. Réintroduisant le personnage de Tchang dans les aventures de son héros, il focalise l'intrigue sur un nombre réduit de personnages, les exile dans un décors quasi abstrait et fait intervenir le Yéti, stéréotypant à lui tout seul le côté primaire de l'humanité afin d'en souligner toute l'importance et la sensibilité (sensibilité poussée à son paroxysme à travers le Capitaine Haddock, bouleversant d'humanité pour un personnage parmi les plus hauts en couleurs de toute la création littéraire !). Alors, messieurs-dames les "bienpensants", ne tapez plus sur Hergé sans connaître son histoire et son parcours. Car ce faisant, vous bafouez l'un des artistes les plus importants et les plus humanistes du 20° siècle, tout médium confondu, qui passa l'essentiel de sa vie à un gigantesque travail d'autocritique et d'humanisation de son œuvre. Œuvre qui, partie de très bas, lui permit justement de s'éveiller et d'entamer un combat personnel, passionnant à décrypter, à travers les 24 aventures du petit reporter à houppette ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
24 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Halte à la censure,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tintin au Congo (Relié)
Tintin a été l'un de mes personnages préféré enfant et continue à l'être, moi, ça m'exaspère que certaines personnes cherchent à casser une légende de la bande dessiné qui a fait rêver des millions d'enfants, sans prendre le recul nécessaire, sans prendre en compte le contexte de l'époque, qui se permettent d'affirmer que les albums d'Hergé véhiculent des idées dangereuses pour nos enfants et surtout essayer de changer ou d'interdire des oeuvres passées parce qu'elles ne rentrent pas dans ce qui est bon de voir, de lire ou d'entendre. C'est scandaleux, on a fait exactement la même chose avec les cartoons de Tex Avery, censure de certaines scènes jugés racistes, mais de quel droit peut-on affirmer de telles choses, de quel droit peut-on censurer des oeuvres passées?Ces oeuvres reflètent leur époque, Hergé et Avery sont en quelque sorte des caricaturistes, ils s'imprègnent de ce que pensent leurs contemporains, c'est alors la société occidentale de cette époque qu'il faut condamner? ça n'aurait aucun sens comme ce débat autour de cette BD d'ailleurs, dans "tintin au congo", enfant je n'avais pas vu ce qui pouvait déranger, normal, j'étais trop jeune, avec l'âge, effectivement la communauté noire n'est pas à son avantage, mais est-ce du racisme? non, simplement des a priori, de la caricature et aussi l'imaginaire d'un européen de l'époque vis à vis de l'Afrique, dans "tintin en Amérique" Hergé caricature les américains aussi, à part des gangsters, des hommes d'affaires cupides et des policiers à la mine patibulaire, les américains ne sont pas à leur avantage eux non plus et pourtant pas de polémique. je crois que ce qui dérange vraiment dans "tintin au congo" c'est une nouvelle fois la question du colonialisme, sujet au combien délicat encore aujourd'hui, que voulez-vous la Belgique comme la France ont été des pays colonisateurs, on ne peut pas refaire l'histoire ou pire l'effacer, cette BD reflète en partie ce passé colonialiste, pouvait-il en être autrement? Hergé a écrit cette histoire en 1946 soit avant la décolonisation. Arrêtons une bonne fois pour toute ces polémiques qui sont elles véritablement dangereuses, car j'y vois une forme de fascisme de la pensée "le politiquement correct", c'est une forme d'extrémisme ni plus ni moins, nous n'avons pas besoin de ces censeurs paranoiaques pour nous dire ce qui est bien de ce qui est mal. Vous êtes le cancer de nos sociétés modernes, les inquisiteurs des temps modernes. "tintin au congo" reste agréable à lire, aucunement raciste, les congolais sont simplement caricaturés et cette BD reflète son époque. De plus TINTIN prône de bonnes valeurs, honte à ceux qui ont trainé TINTIN dans la boue, moi, je ne vous le pardonnerai jamais. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
16 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
UNE PRISE D'OTAGE,
Par BAGRATION "GEKKO MODO, L'AMI DES BETES" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tintin au Congo (Relié)
Les Colonisations Européennes méritent une approche historique dépassionnée. On en est vraiment très loin. Voilà aujourd'hui Hergé cloué au pilori. Tintin au Congo mis sur le même pied d'égalité que Gobineau, le KKK, ou A.H. quittant le stade olympique à Berlin afin de ne pas saluer Jesse Owens.Halte au feu ! L'attitude d'Hergé reflète un certain air du temps (comme son antisémite première version de "L'etoile mystérieuse). Je trouve cela conformiste, un peu moisi, minable (pas d'autre terme) mais, bon, il n'a jamais dénoncé personne ni adopté ensuite une posture progressiste pour se racheter de ses pêchés. De plus, certaines de ses positions sont très avant-gardistes et très ouvertes (voir "Le lotus Bleu" ou "Tintin au Tibet). Cela mérite une note d'avertissement avant lecture, ni un procès en sorcellerie, ni un San Bénito, ni une execution sommaire. Et puis, que fera t-on de "L'île noire", de "Rackham le Rouge", du "Sceptre d'Ottokar" d"'ObjectifLune, On a marché sur la Lune", à la poubelle, au toilettes, au feu ? Pitié pour Tintin, Milou, Haddock, Tournesol, les Dupon(T&D), Nestor, la Castafiore, Séraphin Lampion, Müller, Alan et consorts. Bref, "Ein Benek, Ein Blavek" Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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