"Les Bonnes Causes", Christian-Jaque, 1962, NB - Privilégiez la distribution TF1, que je possède et qui est excellente, car celle-ci, dans la série "Films du Collectionneur" est, d'après d'autres commentateurs, de très médiocre qualité.
Un scénario en béton, des dialogues tirés au cordeau (Henri Jeanson), pour un film policier sans une faiblesse, sans un temps mort, ou même un relâchement de la tension. Et cela serait déjà beaucoup, s'il n'y avait encore la rencontre de deux monstres sacrés aussi différents que possible. Pierre Brasseur qui joue ici, avec le brio qu'on connaît, son personnage claironnant, pétaradant, mirobolant miroir à alouettes où tous viennent se prendre. Et Bourvil, tout en demi-teintes, lui, aussi introverti que l'autre est fanfaronnant. Les sentiments, les humeurs, les tortures morales du juges Gaudet, honnête homme dans tout ce que ce mot a de noble et d'admirable, mais pris dans son enquête comme un poisson dans une nasse : la bonhommie, et la colère rentrée, la bonne volonté et le doute de soi, la méfiance, la compassion, et la bonne foi outragée, le courage modeste et la désillusion résignée, tout, et bien d'autres choses encore, est rendu avec une justesse, une économie de moyens dont peu d'acteurs ont jamais été capables. De grands comédiens au sommet de leurs moyens, un grand film, du grand art.