J'ai été assez déçue par ce qui fut considéré par les Surréalistes comme un chef-d'oeuvre du XIXème siècle. Quelques rares passages sont très originaux et même captivants (l'éloge du pou, des mathématiques), mais je me suis globalement ennuyée. Je me suis meme forcée à le finir,le traînant sur plusieurs mois.
Les phrases sont souvent très longues, parfois à la limite de l'incompréhensible. L'horreur humaine (éloge du crime, du sadisme, description très crue de l'homosexualité masculine) sonne faux, au contraire d'ouvrages tels que ceux de Baudelaire ou même du terrible Sade qui décrit avec beaucoup de réalisme ce que l'homme a de plus noir en lui (s'inspirant de sa vie:prison, pédophilie, débauches de tous ordres). J'ai même eu l'impression parfois qu'Isidore Ducasse plagie Baudelaire dans les thèmes choisis, mais avec beaucoup moins de talent:prostitution, défense du mal absolu.
Cette confusion est également rendue par le brouillage énonciatif. On ne sait plus parfois qui est celui qui dit "je": est-ce Maldoror ou le narrateur-auteur?
Bref, je ne vois de poésie que dans l'originalité de certains sujets (malheureusement assez rares), mais pas du tout dans le style, complètement fantasque et plein de non-sens.Si le vocabulaire est précieux, le message transmis souvent n'est pas clair. On a l'impression de se perdre dans un verbiage sans fin et on décroche!