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Les Choses communes [Broché]

Nicolas Pages

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Album-souvenirs à la manière du Je me souviens de Georges Perec, le livre de Nicolas Pages est tout à la fois un exercice de style et une façon de voir les choses. Choses communes en apparence, qui s'égrènent comme un chapelet que l'auteur triturait dans la cellule d'un monastère. Choses fondamentales en réalité. Éléments constitutifs d'une vie encore jeune, marquée par l'expérience traumatisante d'une condition sociale trop élevée. Brillantes études, ancien mannequin, artiste conceptuel ou assistant photographe, Nicolas Pages a bien vécu. Comme si soudain, après les périples de l'art, du sexe et du business, l'auteur avait besoin de revenir sur lui-même. D'où, ce "Je me souviens" qui, de la première à la dernière page du livre, ouvre chaque court paragraphe. De l'enfance à l'adolescence fin des années 80, jusqu'au recueillement. Sans ordre chronologique apparent, Nicolas Pages nous livre ses souvenirs, en vrac. Sur le ton de la confession : "Je me souviens de m'être déchiré la peau dans le creux des coudes et des genoux, et du bien que ça faisait." De l'analyse : "Je me souviens qu'il est parfois dur d'admettre que j'ai eu des moments de bonheur pendant mon enfance." Ou du plaisir : "Je me souviens de la nuit passée avec Francis, qu'il me faisait bander dans son pantalon en cuir…" À fond, comme il a vécu sa jeunesse, jusqu'au bout, jusqu'à plus soif, jusqu'à tourner en rond sans plus savoir par quel bout prendre les choses si communes et pourtant si précieuses. Il se souvient.

Nicolas Pages est né à Lausanne en 1970. Il a également écrit Je mange un œuf repris en 1999 par les Editions Balland, dans la collection de Guillaume Dustan. --Stellio Paris

Urbuz.com

Il doit y avoir un snobisme parisien à inventer des titres stupides dès que l’on commet ce que l’on appelle pompeusement un "roman". Après Je mange un oeuf, titre ô combien évocateur qui a dû en faire frémir plus d’un, Les choses communes persiste dans le registre palpitant du petit rien qui veut en dire long. Ca marche quand on s’appelle Perec et qu’on innove ; c’est agaçant quand on s’enfonce dans une auto-citation vaine, faite de «je me souviens de la pizza», «je me souviens que j’ai gobé», «je me souviens que j’ai fumé un pétard». Afficher sa bi-sexualité est probablement aussi à mettre au comble de la «branchitude». Quand au renvoi d’ascenseur à Guillaume Dustan, on aura compris que le protagoniste de son roman Nicolas Pages était bien l’auteur de cet opus.
Pourtant, une fois le mouvement d’humeur passé, et peut-être même la lecture achevée, il faut bien admettre que Les choses communes n’est pas un ouvrage complètement dénué d’intérêt. Du moins, pour ceux qui pourront se retrouver un peu dans ces détails signifiants. Autant dire : les habitants du VIe arrondissement, avec une tolérance pour le Ve. En vrac, comme on vide son sac, Nicolas Pages égrène le bonheur, le désir, toute une vie de plaisirs minuscules et de menues déconvenues. Avec l’arme de l’évocation, il fait remonter chez le lecteur une foule de souvenirs enfouis, petites madeleines jetées en pâture à la mémoire.
Brillant, Nicolas Pages l’est jusqu’à l’agacement. Trop branché, trop «arty», trop trash... Il a néanmoins cette fluidité dans l’écriture qui n’est pas déplaisante.
Et si la reprise de Perec énerve par son côté téléphoné, pourquoi ne pas imaginer que d’autres écrivains, au cours de l’histoire, continueront de s’approprier ces «je me souviens» pour en faire comme une longue oeuvre infinie ? Peut être le début (manqué) d’une entreprise passionnante. --Chloé S.--

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