Une partie du roman a donc lieu dans la Cité des Morts du Caire qui, suite à la crise du logement de cette ville tentaculaire, a été envahi par les sans-logis. Un petit arrangement avec les morts qui soulage tout le monde. Aux côtés de Karamallah, " ce prophète de la dérision qui vivait dans un cimetière " : Ossama, un jeune voleur plein d'avenir, qui s'habille comme les riches pour mieux les voler, et Nimr, son maître, qui penche plutôt pour la rapine traditionnelle en guenilles.
La rencontre de ses trois personnages donne à Cossery l'occasion de nous délecter de certaines pensées de haut vol, comme celle d'Ossama, qui analyse le larcin en tant que vertu patriotique, se hissant ainsi au rang de militant nationaliste : " J'ai le sentiment que par mon activité je contribue à la prospérité du pays, puisque je dépense l'argent subtilisé aux riches dans divers commerces qui sans moi et mes pareils iraient vers leur déclin. "
Ajoutez à cela un promoteur immobilier sans scrupules qui construit des "maisons jetables" - qui s'effondrent sur leurs habitants faute de béton -, et vous aurez un livre drôle et croustillant comme sait les écrire Cossery. -- Olivia Marsaud --
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une fable cocasse,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Couleurs de l'infamie (Broché)
Un jour, Ossama, petit voleur du Caire habillé comme un dandy pour mieux approcher les riches qu'il détrousse, dérobe un portefeuille dans lequel il découvre une lettre. Cette lettre est une trouvaille magnifique: elle implique un promoteur immobilier et le frère du ministre des Travaux Publics dans la construction d'un immeuble qui s'est effondré seulement trois mois après avoir été inauguré, tuant ainsi une cinquantaine de personnes. Comprenant qu'il tient une bombe entre ses mains mais ignorant comment la faire «correctement» exploser, Ossama se met à la recherche de son ancien maitre (j'entends par là "maitre dans le métier de voler"!), Nimr, afin de lui demander conseil.Celui-ci le présente au lettré Karamallah qui vit dans la mausolée de ses parents dans la Cité des morts du Caire en attendant que «ses différents» avec le gouvernement «se diluent dans l'immense malheur universel». Or, Karamallah, dans sa sagesse, comprend que le «banditisme dans les hautes sphères d'une société est une péripétie admise dans tous les pays du monde» et que le peuple égyptien ne pensera même pas à condamner ces crapules puisqu'il est trop habitué à ce genre de faits-divers. Les trois compères philosophes décident donc par conséquent de mettre en place un stratagème pour utiliser cette lettre de la façon la plus ironique et distrayante possible, stratagème qui se moquera dans un éclat de rire final de la face corrompue du pouvoir. L'auteur nous décrit un Caire bien éloigné des images véhiculées par les brochures touristiques (pharaons, pyramides, excursions sur le Nil, etc..) ; il nous fait découvrir une ville sale, fouillis, aux bâtiments vétustes et délabrés, surpeuplée avec ses milliers de sans-logis qui trouvent un refuge précaire dans son cimetière. L'effondrement de cette capitale jadis resplendissante n'étant égalée que par l'effondrement de la morale politique prévalente, ce livre devrait être tout à fait déprimant. Eh bien non, absolument pas: le lecteur ne cesse de sourire du début jusqu'à la fin de ce récit en se délectant de la dérision, de la sagesse et de la philosophie de la vie des personnages très avenants. Etonnant! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|