Un individu arrivé au sommet de la gloire fut-elle recouverte d'or et de lumière, de paillette et d'audiovision internationalisée, n'en reste pas moins qu'un homme, piètre humanoïde respirant, mangeant, déféquant, avec ce qu'il a de plus humain, son jugement sur lui même, cette capacité d'auto réguler ses sentiments superficiels, cette sensation d'impuissance face aux pressions du caeur resté sensible.
Bardé fleur de cuir, chaîné de liens virtuel, customisé d'agencement hip-mobiles-top-instantanés, les fanfreluches superficielles ne parviennent pas à dissimuler son moi perpétuel. Franck Matalo conduit volontairement son convoi vers un précipice glauque inéluctable, tel l'égout débouche inévitablement dans la fosse septique. Rien ne peut réveiller en lui cette part d'espérance tant qu'il n'aura pas accompli le deuil de son amour défunt. Le travail est long, nécessaire, et passe parfois, comme dans ce roman, par des frasques divagatrices tragiques. C'est beau la délivrance.
Ce roman respire, vit, pulse, vibre. L'écriture agréable me plonge dans un univers rock-n'rollesque inconnu, bien « torché » (rapport au groupe acclamé par les moutons). L'intrigue révèle une surprise sur la qualité musicale de l'auteur.
J'ai peur toutefois que cet auteur qui critique les goûts des jeunes, influencés par les médias, soit à son tour déjà dépassé et ne devienne vite un vieux ringard, obstinément tourné vers le passé.
Sans hésiter, si vous aimez le son des cordes métalliques, les rythmes des basses entêtantes, la dureté de la voix amplifiée, lisez ce livre bondissant.
Sans hésiter, si vous appréciez la jeunesse musicale (autre que la star acnée), jouez vous en silence ce morceau frais à peine temporisé par la cadence énergique de l'auteur, plein d'espoir.(bertrand-môgendre)