Après avoir relu "Les chasseurs de Mammouths", j'ai à nouveau relu "Les refuges de pierre" qui m'avait fortement déçu à la première lecture.
Les retours en arrière étaient déjà présents dans les volumes précédents. Dans cet ouvrage, ils sont toujours présents et répétés trop souvent, de même que sont répétées, sous la même forme, les aventures et les découvertes techniques d'Ayla et de Jondalar aux différents membres des Zélandonii. Toutefois, si l'on peut penser, au premier abord, qu'il n'y a plus d'aventure comme dans les précédents ouvrages, qu'il ne se passe rien, c'est que l'aventure est devenue une aventure intérieure. Et c'est là le mérite de Jean Auel : ce volume traite d'un tournant dans l'histoire de l'humanité ; le passage à la pensée abstraite qui ouvre la porte au langage de l'art et à l'évolution de la technique est une aventure intérieure bien plus audacieuse que les précédentes, car elle demande une acceptation du changement qui est ce que l'homme craint le plus. Même Ayla se considère comme guérisseuse et ne veut pas aller au-delà, dans ce monde des esprits qui l'appelle. Et quand elle accepte enfin, tout ce qui reste en suspens, n'a plus d'importance. Elle est faite pour prendre soin des "enfants de la terre" avec l'aide de "La Mère" et cela est une belle leçon sur ce que nous avons oublié : être des enfants de la terre.