Les Enfoirés

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Biographie

« Je file un rencart à ceux qui n'ont plus rien. Sans idéologie, discours ou baratin. On ne vous promettra pas les flons flons du Grand Soir, mais pour l'hiver, à manger et à boire. » C'est par ces paroles que Coluche lance, en 1986, ce qui constitue encore aujourd'hui son héritage le plus connu : les Restos du Coeur.

« La Chanson des restos », composée en une semaine par Jean-Jacques Goldman, et interprétée par une pléthore de stars de l'époque (d'Eddy Mitchell à Catherine Deneuve en passant par Michel Drucker) ainsi qu'une émission de télévision le 26janvier 1986 sur TF1, marque le point ... Lire la suite

« Je file un rencart à ceux qui n'ont plus rien. Sans idéologie, discours ou baratin. On ne vous promettra pas les flons flons du Grand Soir, mais pour l'hiver, à manger et à boire. » C'est par ces paroles que Coluche lance, en 1986, ce qui constitue encore aujourd'hui son héritage le plus connu : les Restos du Coeur.

« La Chanson des restos », composée en une semaine par Jean-Jacques Goldman, et interprétée par une pléthore de stars de l'époque (d'Eddy Mitchell à Catherine Deneuve en passant par Michel Drucker) ainsi qu'une émission de télévision le 26janvier 1986 sur TF1, marque le point de départ d'une des plus grandes opérations caritatives que connaît la France depuis l'appel de l'hiver 1954 par l'Abbé Pierre.

Les débuts

L'humoriste, lui, ne vit pas le développement de son « bébé », décédant quelques mois plus tard dans un accident de moto. Paradoxalement, alors que tant de bonnes oeuvres caritatives ne survivent que difficilement à leur fondateur, la mort brutale de Coluche fit, en quelque sorte, des Restos son legs à l'humanité et des Enfoirés, ses exécuteurs testamentaires.

En 1987, Véronique Colucci, la veuve du fantaisiste, relance l'idée d'une deuxième campagne des Restos du Coeur et demande, pour cela, le soutien de quelques personnalités qui répondent présent pour une seconde opération médiatique. Jusqu'en 1988, l'action des Enfoirés reste essentiellement médiatique. Ce n'est qu'en 1989 que l'idée d'une première tournée est lancée. Y participent alors Johnny Hallyday, Michel Sardou, Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman ou Eddy Mitchell. Sillonnant la France au rythme des dates, ces premiers Enfoirés contribuent à la promotion de l'association présidée par Véronique Colucci et à l'apport de dons pour les Restos.

Cette première tournée des Enfoirés est alors sponsorisée par Canal+ et non plus par TF1. Guerre des chaînes sous couvert de générosité ? Les droits de retransmission de l'émission deviennent une source de revenus non négligeable pour l'association. Si, déjà, quelques voix s'élèvent pour dénoncer la gestion de matrone de Véronique Colucci, le succès, lui, est au rendez-vous, car certains duos organisés, tel celui entre Eddy Mitchell et Johnny Hallyday, deviennent aussitôt de mythiques moments de télévision.

Enfoirés et fiers de l'être

Si les Enfoirés continuent à tourner et à récolter des dons pendant les années qui suivent, l'intérêt du grand public pour le spectacle, et donc pour la cause, diminue au fur et à mesure des nouvelles raisons de s'indigner apparaissant chaque jour. Il faut, en 1992, la présence de Muriel Robin pour réveiller quelque peu une mécanique qui commençait à rouiller. Sans devenir nominativement le leader artistique de la tournée, la pétulante comédienne réussit à redonner un coup de jeune à l'événement en battant le rappel de certains de ses collègues comiques, en premier lieu desquels son compagnon d'écriture Pierre Palmade.

Une nouvelle génération d'Enfoirés voit alors le jour, au gré des célébrités du moment. Ainsi, si Goldman, le fidèle d'entre les fidèles reste à son poste, des noms tels que Philippe Lavil, Patrick Sébastien, Smaïn, Renaud, Tonton David, Florent Pagny, Vanessa Paradis, Yannick Noah, Valérie Lemercier, Mimie Mathy, Patricia Kaas, Peter Kingsberry ou Michael Jones viennent s'ajouter à la longue liste des artistes fiers de se faire traiter d'Enfoirés.  

J'ai pas mauvaise conscience, ça m'empêche pas d'dormir

Malheureusement, cette politique ne fait pas que des heureux. D'aucuns, comme Eddy Mitchell ou Patrick Sébastien, commencent à émettre des doutes sur la sincérité de l'engagement réel de certaines personnalités, mues davantage par la visibilité médiatique des Enfoirés que par la fidélité aux mânes de Coluche. Quant à la gestion plus qu'opaque de Véronique Colucci, elle est également sujette aux rumeurs, voire à la calomnie. Parmi les cancans les plus répandus, celui voulant que les artistes se fassent payer pour des prestations qui n'auraient rien de bénévoles est certainement le plus populaire.

Et certains médias lancent également la polémique : si le caritatif est une solution d'urgence acceptable, les Enfoirés et leur promotion des Restos du Coeur ne sont-ils pas, finalement la vitrine confortable d'une société qui laisse de plus en plus de gens sur le bord du chemin ? Accusés d'être les cautions morales d'une dérive ultra-libérale de la société (reproche qui dans une certaine mesure fut également fait aux compagnons d'Emmaüs de l'Abbé Pierre), les Enfoirés s'enfoncent parfois dans la rhétorique agressive pour justifier leur engagement, rhétorique heureusement corrigée par la rondeur chaleureuse et rassurante de Muriel Robin qui contribue énormément à la transparence de l'association. Certains, cependant, comptant parmi les amis historiques de Coluche, tels Eddy Mitchell ou Michel Sardou, choisissent de quitter le navire, pas convaincus de l'honnêteté fondamentale de la démarche.

Polémiques

Si certains artistes restent, au cours des années, des piliers et des valeurs sûres des Enfoirés (qui sortent un CD par an, dont les bénéfices et les droits SACEM sont reversés aux Restos du Coeur) à l'image de Francis Cabrel, Patrick Bruel, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Jean-Jacques Goldman ou Muriel Robin, ils sont de plus en plus nombreux à ne raccrocher le navire « Enfoiré » qu'en fonction de leur notoriété médiatique du moment. Ainsi, Gérald De Palmas, star de la seconde moitié des années 1990 avec « Sur la route » est certes convié à la tournée 1996, mais doit atteindre 2001 et de nouveaux succès en termes de ventes pour être à nouveau invité à la table des Enfoirés. De la même manière, Carole Fredericks, Catherine Lara, Princess Erika, Ophélie Winter ou Axelle Red voient leur participation à la tournée des Enfoirés opportunément concorder avec la sortie de leurs propres albums ou leur actualité.

La situation, évidemment, fait jaser, d'autant qu'avec le temps, plusieurs personnalités n'ayant pas grand-chose à voir avec la chanson se sont greffées sur la tournée des Enfoirés, à l'image de la plupart des footballeurs de France victorieux en 1998 - ainsi qu'Aimé Jacquet, leur sélectionneur - venus mettre leur notoriété au service de la bonne cause. Si la chanson, en tant qu'art, ne sort pas forcément grandie de la présence d'Emmanuel Petit, de Zinedine Zidane ou de Fabien Barthez (dont, rappelons-le, chanter n'est pas le métier à l'origine), les ventes d'albums et le succès des tournées vont croissants.

Reste cependant l'éternelle polémique sur la pertinence de l'association et la gestion de Véronique Colucci, toujours aux manettes. En dépit de la bonne fois évidente de la plupart des personnalités invitées, le soupçon demeure quant aux motivations de la Grande Manitou des Enfoirés qui doit venir s'en expliquer à plusieurs reprises sur des plateaux de télévision, provoquant la suspicion de certains artistes, comme Hubert-Félix Thiéfaine, refusant, malgré les sollicitations nombreuses, de participer aux tournées caritatives. Thiéfaine s'en explique dans le magazine Zoo, affirmant que tant qu'à soutenir de grandes causes, il préfère encore signer des chèques en toute discrétion plutôt que de s'exhiber. L'humoriste Jean-Marie Bigard, ayant participé à l'aventure quelques années, tient par ailleurs des propos similaires.

Dans les années qui suivent, les ventes décollent, les dons affluent et les tournées marchent du feu de Dieu. La tournée des Enfoirés est devenue l'un des événements artistiques de l'année, inspirant d'autres concerts à caractère caritatif comme Sol en Cirque ou Solidarité Enfants Sida. Mais la polémique reste quant au strass, aux paillettes et, finalement, à l'utilité profonde de tout cela. Le contraste est évident entre la réalité de la misère des Restos du coeur et le grand show des Enfoirés retransmis annuellement par TF1.

Une nouvelle polémique voit le jour en 2007, lorsque l'un des piliers historiques de la tournée des Enfoirés, Yannick Noah, dévoile certaines réalités liant les artistes à un grand groupe hôtelier et le logement, plus que luxueux, des artistes censés faire pleurer dans les chaumières en parlant de la misère populaire. La présence de gagnants de la télé-réalité (Nolwenn Leroy, Christophe Maé, Christophe Willem...) dans le casting des Enfoirés à peine ceux-ci découverts par Popstars, La Nouvelle Star ou autres émissions de télé-réalité, confirme l'implication réelle des maisons de disques dans la « sélection » des artistes censés participer à la tournée caritative.

En 2008, une nouvelle affaire, même si elle ne concerne pas directement les Enfoirés, vient relancer la polémique sur le « Coluche business ». Lorsque sort le biopic d'Antoine de Caunes consacré à l'humoriste, Coluche : l'histoire d'un mec, l'ancien producteur Paul Lederman, s'estimant propriétaire du slogan « l'histoire d'un mec » assigne le cinéaste en référé et demande 150 000 euros de dommages-intérêts dont il annonce vouloir généreusement verser... la moitié aux Restos du Coeur. Pour pathétique que soit cette affaire (de Caunes lui-même en conclut « Lederman : l'histoire d'un mac »), elle n'en pointe pas moins du doigt la grosse machine à brasser de l'argent que sont devenus les Restos. Par ricochet, elle pose la question de la fidélité d'un projet à l'esprit de son initiateur.

Quoi qu'il en soit, Les Enfoirés poursuivent leur activité contre ces vents et marées, au nom de l'urgence et d'une crise économique qui s'installe en 2009. Le nouveau millésime accueille Grégoire et donne une série de concerts au stade Nikaïa de Nice du 27 janvier au 1er février 2010, prélude à la sortie du nouvel album La Crise de Nerfs, accompagné d'un DVD du show. L'hymne 2010 intitulé « Si l'on aimait, si » est une adaptation du tube « I Was Made for Lovin' You » du groupe Kiss. Les Enfoirés remettent le couvert en 2011 avec pour nouvel hymne « On demande pas la lune » d'après le groupe Indochine. Parmi les nouvelles recrues figurent Kad Merad et Shy'm (depuis 2009) et Zaz qui fait son entrée en 2011 aux côtés de quelques champions  sportifs.

Après un premier simple dévoilé en janvier, « Encore un autre hiver » signé Jean-Jacques Goldman et Grégoire, la cuvée 2012 accueille quelques novices en vogue comme l'humoriste Nicolas Canteloup ou M. Pokora. Comme à l'accoutumée, les concerts (cette année là à la Halle Tony Garnier de Lyon) sont suivis de l'album Le Bal des Enfoirés et d'une retransmission télévisée le 16 mars. Pour son édition 2013 titrée La Boîte à Musique des Enfoirés, l'émission des Restos du Coeur recueille quinze millions de téléspectateurs lors de sa diffusion sur TF1 le 15 mars. Le disque est lui disponible dès le 16 mars.

Avec comme porte-étendard « La Chanson du bénévole », écrite par le fidèle Jean-Jacques Goldman, Les Enfoirés célèbrent en 2014 leur quart de siècle avec Bon Anniversaire les Enfoirés qui sort le 15 mars. Cette année là les novices ont pour nom Emmanuel Moire, Dany Boon, Michaël Youn et Didier Deschamps le sélectionneur de l'équipe de France de football. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

« Je file un rencart à ceux qui n'ont plus rien. Sans idéologie, discours ou baratin. On ne vous promettra pas les flons flons du Grand Soir, mais pour l'hiver, à manger et à boire. » C'est par ces paroles que Coluche lance, en 1986, ce qui constitue encore aujourd'hui son héritage le plus connu : les Restos du Coeur.

« La Chanson des restos », composée en une semaine par Jean-Jacques Goldman, et interprétée par une pléthore de stars de l'époque (d'Eddy Mitchell à Catherine Deneuve en passant par Michel Drucker) ainsi qu'une émission de télévision le 26janvier 1986 sur TF1, marque le point de départ d'une des plus grandes opérations caritatives que connaît la France depuis l'appel de l'hiver 1954 par l'Abbé Pierre.

Les débuts

L'humoriste, lui, ne vit pas le développement de son « bébé », décédant quelques mois plus tard dans un accident de moto. Paradoxalement, alors que tant de bonnes oeuvres caritatives ne survivent que difficilement à leur fondateur, la mort brutale de Coluche fit, en quelque sorte, des Restos son legs à l'humanité et des Enfoirés, ses exécuteurs testamentaires.

En 1987, Véronique Colucci, la veuve du fantaisiste, relance l'idée d'une deuxième campagne des Restos du Coeur et demande, pour cela, le soutien de quelques personnalités qui répondent présent pour une seconde opération médiatique. Jusqu'en 1988, l'action des Enfoirés reste essentiellement médiatique. Ce n'est qu'en 1989 que l'idée d'une première tournée est lancée. Y participent alors Johnny Hallyday, Michel Sardou, Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman ou Eddy Mitchell. Sillonnant la France au rythme des dates, ces premiers Enfoirés contribuent à la promotion de l'association présidée par Véronique Colucci et à l'apport de dons pour les Restos.

Cette première tournée des Enfoirés est alors sponsorisée par Canal+ et non plus par TF1. Guerre des chaînes sous couvert de générosité ? Les droits de retransmission de l'émission deviennent une source de revenus non négligeable pour l'association. Si, déjà, quelques voix s'élèvent pour dénoncer la gestion de matrone de Véronique Colucci, le succès, lui, est au rendez-vous, car certains duos organisés, tel celui entre Eddy Mitchell et Johnny Hallyday, deviennent aussitôt de mythiques moments de télévision.

Enfoirés et fiers de l'être

Si les Enfoirés continuent à tourner et à récolter des dons pendant les années qui suivent, l'intérêt du grand public pour le spectacle, et donc pour la cause, diminue au fur et à mesure des nouvelles raisons de s'indigner apparaissant chaque jour. Il faut, en 1992, la présence de Muriel Robin pour réveiller quelque peu une mécanique qui commençait à rouiller. Sans devenir nominativement le leader artistique de la tournée, la pétulante comédienne réussit à redonner un coup de jeune à l'événement en battant le rappel de certains de ses collègues comiques, en premier lieu desquels son compagnon d'écriture Pierre Palmade.

Une nouvelle génération d'Enfoirés voit alors le jour, au gré des célébrités du moment. Ainsi, si Goldman, le fidèle d'entre les fidèles reste à son poste, des noms tels que Philippe Lavil, Patrick Sébastien, Smaïn, Renaud, Tonton David, Florent Pagny, Vanessa Paradis, Yannick Noah, Valérie Lemercier, Mimie Mathy, Patricia Kaas, Peter Kingsberry ou Michael Jones viennent s'ajouter à la longue liste des artistes fiers de se faire traiter d'Enfoirés.  

J'ai pas mauvaise conscience, ça m'empêche pas d'dormir

Malheureusement, cette politique ne fait pas que des heureux. D'aucuns, comme Eddy Mitchell ou Patrick Sébastien, commencent à émettre des doutes sur la sincérité de l'engagement réel de certaines personnalités, mues davantage par la visibilité médiatique des Enfoirés que par la fidélité aux mânes de Coluche. Quant à la gestion plus qu'opaque de Véronique Colucci, elle est également sujette aux rumeurs, voire à la calomnie. Parmi les cancans les plus répandus, celui voulant que les artistes se fassent payer pour des prestations qui n'auraient rien de bénévoles est certainement le plus populaire.

Et certains médias lancent également la polémique : si le caritatif est une solution d'urgence acceptable, les Enfoirés et leur promotion des Restos du Coeur ne sont-ils pas, finalement la vitrine confortable d'une société qui laisse de plus en plus de gens sur le bord du chemin ? Accusés d'être les cautions morales d'une dérive ultra-libérale de la société (reproche qui dans une certaine mesure fut également fait aux compagnons d'Emmaüs de l'Abbé Pierre), les Enfoirés s'enfoncent parfois dans la rhétorique agressive pour justifier leur engagement, rhétorique heureusement corrigée par la rondeur chaleureuse et rassurante de Muriel Robin qui contribue énormément à la transparence de l'association. Certains, cependant, comptant parmi les amis historiques de Coluche, tels Eddy Mitchell ou Michel Sardou, choisissent de quitter le navire, pas convaincus de l'honnêteté fondamentale de la démarche.

Polémiques

Si certains artistes restent, au cours des années, des piliers et des valeurs sûres des Enfoirés (qui sortent un CD par an, dont les bénéfices et les droits SACEM sont reversés aux Restos du Coeur) à l'image de Francis Cabrel, Patrick Bruel, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Jean-Jacques Goldman ou Muriel Robin, ils sont de plus en plus nombreux à ne raccrocher le navire « Enfoiré » qu'en fonction de leur notoriété médiatique du moment. Ainsi, Gérald De Palmas, star de la seconde moitié des années 1990 avec « Sur la route » est certes convié à la tournée 1996, mais doit atteindre 2001 et de nouveaux succès en termes de ventes pour être à nouveau invité à la table des Enfoirés. De la même manière, Carole Fredericks, Catherine Lara, Princess Erika, Ophélie Winter ou Axelle Red voient leur participation à la tournée des Enfoirés opportunément concorder avec la sortie de leurs propres albums ou leur actualité.

La situation, évidemment, fait jaser, d'autant qu'avec le temps, plusieurs personnalités n'ayant pas grand-chose à voir avec la chanson se sont greffées sur la tournée des Enfoirés, à l'image de la plupart des footballeurs de France victorieux en 1998 - ainsi qu'Aimé Jacquet, leur sélectionneur - venus mettre leur notoriété au service de la bonne cause. Si la chanson, en tant qu'art, ne sort pas forcément grandie de la présence d'Emmanuel Petit, de Zinedine Zidane ou de Fabien Barthez (dont, rappelons-le, chanter n'est pas le métier à l'origine), les ventes d'albums et le succès des tournées vont croissants.

Reste cependant l'éternelle polémique sur la pertinence de l'association et la gestion de Véronique Colucci, toujours aux manettes. En dépit de la bonne fois évidente de la plupart des personnalités invitées, le soupçon demeure quant aux motivations de la Grande Manitou des Enfoirés qui doit venir s'en expliquer à plusieurs reprises sur des plateaux de télévision, provoquant la suspicion de certains artistes, comme Hubert-Félix Thiéfaine, refusant, malgré les sollicitations nombreuses, de participer aux tournées caritatives. Thiéfaine s'en explique dans le magazine Zoo, affirmant que tant qu'à soutenir de grandes causes, il préfère encore signer des chèques en toute discrétion plutôt que de s'exhiber. L'humoriste Jean-Marie Bigard, ayant participé à l'aventure quelques années, tient par ailleurs des propos similaires.

Dans les années qui suivent, les ventes décollent, les dons affluent et les tournées marchent du feu de Dieu. La tournée des Enfoirés est devenue l'un des événements artistiques de l'année, inspirant d'autres concerts à caractère caritatif comme Sol en Cirque ou Solidarité Enfants Sida. Mais la polémique reste quant au strass, aux paillettes et, finalement, à l'utilité profonde de tout cela. Le contraste est évident entre la réalité de la misère des Restos du coeur et le grand show des Enfoirés retransmis annuellement par TF1.

Une nouvelle polémique voit le jour en 2007, lorsque l'un des piliers historiques de la tournée des Enfoirés, Yannick Noah, dévoile certaines réalités liant les artistes à un grand groupe hôtelier et le logement, plus que luxueux, des artistes censés faire pleurer dans les chaumières en parlant de la misère populaire. La présence de gagnants de la télé-réalité (Nolwenn Leroy, Christophe Maé, Christophe Willem...) dans le casting des Enfoirés à peine ceux-ci découverts par Popstars, La Nouvelle Star ou autres émissions de télé-réalité, confirme l'implication réelle des maisons de disques dans la « sélection » des artistes censés participer à la tournée caritative.

En 2008, une nouvelle affaire, même si elle ne concerne pas directement les Enfoirés, vient relancer la polémique sur le « Coluche business ». Lorsque sort le biopic d'Antoine de Caunes consacré à l'humoriste, Coluche : l'histoire d'un mec, l'ancien producteur Paul Lederman, s'estimant propriétaire du slogan « l'histoire d'un mec » assigne le cinéaste en référé et demande 150 000 euros de dommages-intérêts dont il annonce vouloir généreusement verser... la moitié aux Restos du Coeur. Pour pathétique que soit cette affaire (de Caunes lui-même en conclut « Lederman : l'histoire d'un mac »), elle n'en pointe pas moins du doigt la grosse machine à brasser de l'argent que sont devenus les Restos. Par ricochet, elle pose la question de la fidélité d'un projet à l'esprit de son initiateur.

Quoi qu'il en soit, Les Enfoirés poursuivent leur activité contre ces vents et marées, au nom de l'urgence et d'une crise économique qui s'installe en 2009. Le nouveau millésime accueille Grégoire et donne une série de concerts au stade Nikaïa de Nice du 27 janvier au 1er février 2010, prélude à la sortie du nouvel album La Crise de Nerfs, accompagné d'un DVD du show. L'hymne 2010 intitulé « Si l'on aimait, si » est une adaptation du tube « I Was Made for Lovin' You » du groupe Kiss. Les Enfoirés remettent le couvert en 2011 avec pour nouvel hymne « On demande pas la lune » d'après le groupe Indochine. Parmi les nouvelles recrues figurent Kad Merad et Shy'm (depuis 2009) et Zaz qui fait son entrée en 2011 aux côtés de quelques champions  sportifs.

Après un premier simple dévoilé en janvier, « Encore un autre hiver » signé Jean-Jacques Goldman et Grégoire, la cuvée 2012 accueille quelques novices en vogue comme l'humoriste Nicolas Canteloup ou M. Pokora. Comme à l'accoutumée, les concerts (cette année là à la Halle Tony Garnier de Lyon) sont suivis de l'album Le Bal des Enfoirés et d'une retransmission télévisée le 16 mars. Pour son édition 2013 titrée La Boîte à Musique des Enfoirés, l'émission des Restos du Coeur recueille quinze millions de téléspectateurs lors de sa diffusion sur TF1 le 15 mars. Le disque est lui disponible dès le 16 mars.

Avec comme porte-étendard « La Chanson du bénévole », écrite par le fidèle Jean-Jacques Goldman, Les Enfoirés célèbrent en 2014 leur quart de siècle avec Bon Anniversaire les Enfoirés qui sort le 15 mars. Cette année là les novices ont pour nom Emmanuel Moire, Dany Boon, Michaël Youn et Didier Deschamps le sélectionneur de l'équipe de France de football. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

« Je file un rencart à ceux qui n'ont plus rien. Sans idéologie, discours ou baratin. On ne vous promettra pas les flons flons du Grand Soir, mais pour l'hiver, à manger et à boire. » C'est par ces paroles que Coluche lance, en 1986, ce qui constitue encore aujourd'hui son héritage le plus connu : les Restos du Coeur.

« La Chanson des restos », composée en une semaine par Jean-Jacques Goldman, et interprétée par une pléthore de stars de l'époque (d'Eddy Mitchell à Catherine Deneuve en passant par Michel Drucker) ainsi qu'une émission de télévision le 26janvier 1986 sur TF1, marque le point de départ d'une des plus grandes opérations caritatives que connaît la France depuis l'appel de l'hiver 1954 par l'Abbé Pierre.

Les débuts

L'humoriste, lui, ne vit pas le développement de son « bébé », décédant quelques mois plus tard dans un accident de moto. Paradoxalement, alors que tant de bonnes oeuvres caritatives ne survivent que difficilement à leur fondateur, la mort brutale de Coluche fit, en quelque sorte, des Restos son legs à l'humanité et des Enfoirés, ses exécuteurs testamentaires.

En 1987, Véronique Colucci, la veuve du fantaisiste, relance l'idée d'une deuxième campagne des Restos du Coeur et demande, pour cela, le soutien de quelques personnalités qui répondent présent pour une seconde opération médiatique. Jusqu'en 1988, l'action des Enfoirés reste essentiellement médiatique. Ce n'est qu'en 1989 que l'idée d'une première tournée est lancée. Y participent alors Johnny Hallyday, Michel Sardou, Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman ou Eddy Mitchell. Sillonnant la France au rythme des dates, ces premiers Enfoirés contribuent à la promotion de l'association présidée par Véronique Colucci et à l'apport de dons pour les Restos.

Cette première tournée des Enfoirés est alors sponsorisée par Canal+ et non plus par TF1. Guerre des chaînes sous couvert de générosité ? Les droits de retransmission de l'émission deviennent une source de revenus non négligeable pour l'association. Si, déjà, quelques voix s'élèvent pour dénoncer la gestion de matrone de Véronique Colucci, le succès, lui, est au rendez-vous, car certains duos organisés, tel celui entre Eddy Mitchell et Johnny Hallyday, deviennent aussitôt de mythiques moments de télévision.

Enfoirés et fiers de l'être

Si les Enfoirés continuent à tourner et à récolter des dons pendant les années qui suivent, l'intérêt du grand public pour le spectacle, et donc pour la cause, diminue au fur et à mesure des nouvelles raisons de s'indigner apparaissant chaque jour. Il faut, en 1992, la présence de Muriel Robin pour réveiller quelque peu une mécanique qui commençait à rouiller. Sans devenir nominativement le leader artistique de la tournée, la pétulante comédienne réussit à redonner un coup de jeune à l'événement en battant le rappel de certains de ses collègues comiques, en premier lieu desquels son compagnon d'écriture Pierre Palmade.

Une nouvelle génération d'Enfoirés voit alors le jour, au gré des célébrités du moment. Ainsi, si Goldman, le fidèle d'entre les fidèles reste à son poste, des noms tels que Philippe Lavil, Patrick Sébastien, Smaïn, Renaud, Tonton David, Florent Pagny, Vanessa Paradis, Yannick Noah, Valérie Lemercier, Mimie Mathy, Patricia Kaas, Peter Kingsberry ou Michael Jones viennent s'ajouter à la longue liste des artistes fiers de se faire traiter d'Enfoirés.  

J'ai pas mauvaise conscience, ça m'empêche pas d'dormir

Malheureusement, cette politique ne fait pas que des heureux. D'aucuns, comme Eddy Mitchell ou Patrick Sébastien, commencent à émettre des doutes sur la sincérité de l'engagement réel de certaines personnalités, mues davantage par la visibilité médiatique des Enfoirés que par la fidélité aux mânes de Coluche. Quant à la gestion plus qu'opaque de Véronique Colucci, elle est également sujette aux rumeurs, voire à la calomnie. Parmi les cancans les plus répandus, celui voulant que les artistes se fassent payer pour des prestations qui n'auraient rien de bénévoles est certainement le plus populaire.

Et certains médias lancent également la polémique : si le caritatif est une solution d'urgence acceptable, les Enfoirés et leur promotion des Restos du Coeur ne sont-ils pas, finalement la vitrine confortable d'une société qui laisse de plus en plus de gens sur le bord du chemin ? Accusés d'être les cautions morales d'une dérive ultra-libérale de la société (reproche qui dans une certaine mesure fut également fait aux compagnons d'Emmaüs de l'Abbé Pierre), les Enfoirés s'enfoncent parfois dans la rhétorique agressive pour justifier leur engagement, rhétorique heureusement corrigée par la rondeur chaleureuse et rassurante de Muriel Robin qui contribue énormément à la transparence de l'association. Certains, cependant, comptant parmi les amis historiques de Coluche, tels Eddy Mitchell ou Michel Sardou, choisissent de quitter le navire, pas convaincus de l'honnêteté fondamentale de la démarche.

Polémiques

Si certains artistes restent, au cours des années, des piliers et des valeurs sûres des Enfoirés (qui sortent un CD par an, dont les bénéfices et les droits SACEM sont reversés aux Restos du Coeur) à l'image de Francis Cabrel, Patrick Bruel, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Jean-Jacques Goldman ou Muriel Robin, ils sont de plus en plus nombreux à ne raccrocher le navire « Enfoiré » qu'en fonction de leur notoriété médiatique du moment. Ainsi, Gérald De Palmas, star de la seconde moitié des années 1990 avec « Sur la route » est certes convié à la tournée 1996, mais doit atteindre 2001 et de nouveaux succès en termes de ventes pour être à nouveau invité à la table des Enfoirés. De la même manière, Carole Fredericks, Catherine Lara, Princess Erika, Ophélie Winter ou Axelle Red voient leur participation à la tournée des Enfoirés opportunément concorder avec la sortie de leurs propres albums ou leur actualité.

La situation, évidemment, fait jaser, d'autant qu'avec le temps, plusieurs personnalités n'ayant pas grand-chose à voir avec la chanson se sont greffées sur la tournée des Enfoirés, à l'image de la plupart des footballeurs de France victorieux en 1998 - ainsi qu'Aimé Jacquet, leur sélectionneur - venus mettre leur notoriété au service de la bonne cause. Si la chanson, en tant qu'art, ne sort pas forcément grandie de la présence d'Emmanuel Petit, de Zinedine Zidane ou de Fabien Barthez (dont, rappelons-le, chanter n'est pas le métier à l'origine), les ventes d'albums et le succès des tournées vont croissants.

Reste cependant l'éternelle polémique sur la pertinence de l'association et la gestion de Véronique Colucci, toujours aux manettes. En dépit de la bonne fois évidente de la plupart des personnalités invitées, le soupçon demeure quant aux motivations de la Grande Manitou des Enfoirés qui doit venir s'en expliquer à plusieurs reprises sur des plateaux de télévision, provoquant la suspicion de certains artistes, comme Hubert-Félix Thiéfaine, refusant, malgré les sollicitations nombreuses, de participer aux tournées caritatives. Thiéfaine s'en explique dans le magazine Zoo, affirmant que tant qu'à soutenir de grandes causes, il préfère encore signer des chèques en toute discrétion plutôt que de s'exhiber. L'humoriste Jean-Marie Bigard, ayant participé à l'aventure quelques années, tient par ailleurs des propos similaires.

Dans les années qui suivent, les ventes décollent, les dons affluent et les tournées marchent du feu de Dieu. La tournée des Enfoirés est devenue l'un des événements artistiques de l'année, inspirant d'autres concerts à caractère caritatif comme Sol en Cirque ou Solidarité Enfants Sida. Mais la polémique reste quant au strass, aux paillettes et, finalement, à l'utilité profonde de tout cela. Le contraste est évident entre la réalité de la misère des Restos du coeur et le grand show des Enfoirés retransmis annuellement par TF1.

Une nouvelle polémique voit le jour en 2007, lorsque l'un des piliers historiques de la tournée des Enfoirés, Yannick Noah, dévoile certaines réalités liant les artistes à un grand groupe hôtelier et le logement, plus que luxueux, des artistes censés faire pleurer dans les chaumières en parlant de la misère populaire. La présence de gagnants de la télé-réalité (Nolwenn Leroy, Christophe Maé, Christophe Willem...) dans le casting des Enfoirés à peine ceux-ci découverts par Popstars, La Nouvelle Star ou autres émissions de télé-réalité, confirme l'implication réelle des maisons de disques dans la « sélection » des artistes censés participer à la tournée caritative.

En 2008, une nouvelle affaire, même si elle ne concerne pas directement les Enfoirés, vient relancer la polémique sur le « Coluche business ». Lorsque sort le biopic d'Antoine de Caunes consacré à l'humoriste, Coluche : l'histoire d'un mec, l'ancien producteur Paul Lederman, s'estimant propriétaire du slogan « l'histoire d'un mec » assigne le cinéaste en référé et demande 150 000 euros de dommages-intérêts dont il annonce vouloir généreusement verser... la moitié aux Restos du Coeur. Pour pathétique que soit cette affaire (de Caunes lui-même en conclut « Lederman : l'histoire d'un mac »), elle n'en pointe pas moins du doigt la grosse machine à brasser de l'argent que sont devenus les Restos. Par ricochet, elle pose la question de la fidélité d'un projet à l'esprit de son initiateur.

Quoi qu'il en soit, Les Enfoirés poursuivent leur activité contre ces vents et marées, au nom de l'urgence et d'une crise économique qui s'installe en 2009. Le nouveau millésime accueille Grégoire et donne une série de concerts au stade Nikaïa de Nice du 27 janvier au 1er février 2010, prélude à la sortie du nouvel album La Crise de Nerfs, accompagné d'un DVD du show. L'hymne 2010 intitulé « Si l'on aimait, si » est une adaptation du tube « I Was Made for Lovin' You » du groupe Kiss. Les Enfoirés remettent le couvert en 2011 avec pour nouvel hymne « On demande pas la lune » d'après le groupe Indochine. Parmi les nouvelles recrues figurent Kad Merad et Shy'm (depuis 2009) et Zaz qui fait son entrée en 2011 aux côtés de quelques champions  sportifs.

Après un premier simple dévoilé en janvier, « Encore un autre hiver » signé Jean-Jacques Goldman et Grégoire, la cuvée 2012 accueille quelques novices en vogue comme l'humoriste Nicolas Canteloup ou M. Pokora. Comme à l'accoutumée, les concerts (cette année là à la Halle Tony Garnier de Lyon) sont suivis de l'album Le Bal des Enfoirés et d'une retransmission télévisée le 16 mars. Pour son édition 2013 titrée La Boîte à Musique des Enfoirés, l'émission des Restos du Coeur recueille quinze millions de téléspectateurs lors de sa diffusion sur TF1 le 15 mars. Le disque est lui disponible dès le 16 mars.

Avec comme porte-étendard « La Chanson du bénévole », écrite par le fidèle Jean-Jacques Goldman, Les Enfoirés célèbrent en 2014 leur quart de siècle avec Bon Anniversaire les Enfoirés qui sort le 15 mars. Cette année là les novices ont pour nom Emmanuel Moire, Dany Boon, Michaël Youn et Didier Deschamps le sélectionneur de l'équipe de France de football. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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