Comme souvent avec les brefs romans d'Irène Némirovsky, le récit est palpitant, haletant et bien souvent tragique.
L'histoire d'une jeune femme de bonne famille, Thérèse, petit bourgeois, qui se complait dans un rôle effacé succombe aux avances de Bernard, ce jeune homme fougueux et imbu de lui-même. Brûlant d'amour, il se lance à corps perdu dans la première guerre mondiale et en revient, déchiré et ayant perdu son innocence. Lui qui a tout donné et à qui la société ne promet plus rien, il se noiera dans la vie d'après-guerre, fastueuse, libertine. Épris du jeu, et de ses lumières scintillantes, son amour pour Thérèse s'éteint et il finit par l'abandonner. Quand le conflit de 1939 éclate, Thérèse se résigne et attend avec patience le retour de celui qu'elle aime toujours.
Le cadre de la société d'avant-guerre démontre bien l'ambiguïté des relations sociales, des classes qui se croisent mais ne se mélangent pas. Entre bourgeoisie traditionnelle et nouveaux esthètes d'une vie palpitante, l'auteur joue comme à son habitude de sa plume pour dresser de portrait de personnages, jamais caricaturaux, mais toujours touchants qui se débattent avec leur temps. Un récit d'amour, de bravoure, de fièvre et de liberté. Car comme les terres qu'on enflamme à l'automne pour mieux les cultiver, l'amour n'est-il pas voué à pousser sur un terreau fertile ?