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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
« Exprimer la nature par le biais et la médiation de la culture »,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Formes du temps : Théorie du sauternes (Poche)
Dédiée principalement à Denis Mollat, célèbre libraire-éditeur bordelais, cette oeuvre de Michel Onfray se fonde sur une réflexion philosophique orientée vers la culture du vin de Sauternes dans le cadre des multiples rapports analogiques qu'elle entretient avec le temps. L'auteur à cet égard se propose d'établir une structure discursive qui raconte la genèse de cet alcool.La chronologie s'organise en six journées, chacune d'elles étant associée à une divinité tutélaire de la mythologie païenne et à une forme particulière du temps. Ainsi, au premier jour correspond « Gaïa, ou le temps généalogique », au deuxième : « Flora, ou le temps séminal », au troisième : « Hélios, ou le temps aléatoire », au quatrième : « Thanatos, ou le temps ontologique », au cinquième : « Prométhée, ou le temps agricole », enfin au sixième : « Dionysos, ou le temps hédoniste ». Dès l'abord, le texte d'Onfray s'inscrit dans la tradition du récit des origines, qui replace en l'occurrence le terroir sauternais dans le contexte de la préhistoire, une occasion pour le philosophe d'étirer le premier jour jusqu'à sa dimension symbolique d'aube du monde et de période du chaos, dont la mémoire est encore prégnante aujourd'hui dans la savante lecture des vestiges laissés par les pierres, les océans, les fleuves, la végétation : « Généalogie et géologie, mythologie et géographie, cartographie et étymologie, les voies d'accès au Sauternais sont multiples qui ont permis, déjà, un voyage des temps primitifs et immémoriaux à des époques plus proches : des traces des pierres à celles des noms, de la minéralogie à l'onomastique, des océans en furie aux racines verbales, l'éternité s'est faite moins impérieuse au profit de plus modestes durées. » La partie consacrée au deuxième jour représente une étape du récit mettant en exergue les vertus de la vigne en sa qualité de champ végétal situé « à l'intersection des deux autres éléments, l'eau et le vent. » La vigne, selon l'auteur, doit se concevoir comme l'ensemble des ceps au sein desquels circule la sève, flux séminal et énergétique, qu'il demeure légitime de comparer au sang à la fois au regard de ses fonctions organique, vitale, et d'une temporalité qualifiée de « séminale », identifiable à la déesse Flora dont les attributs sont de nature bucolique : « Flora raconte la vitalité, la puissance séminale, la force spermatique à l'oeuvre dans les végétaux [...] Flora est divinité du "kaïros", du désir qu'on confond au plaisir dans la plus urgente immanence. » Au-delà, le discours s'ancre progressivement dans une considération de la matière viticole comme creuset des valeurs propres à la civilisation et conséquence en actes d'une volonté de l'homme d'assujettir la nature, de dompter et de sculpter ses débordements anarchiques. Onfray montre ainsi comment le temps prend peu à peu des formes qui obéissent à la logique des nombres et de l'ordre, selon un processus où la mesure apollinienne parvient à maîtriser les forces dionysiaques à des fins éthiques et esthétiques. Le vin de Sauternes s'avère être à ce titre le fruit d'une alchimie où demeurent convoqués le savoir-faire de l'agriculteur, dont les qualités sont identiques à celles de l'artiste ou de l'artisan, et la science hédoniste du dégustateur : « Du jardin de Sauternes, il faut parler comme celui des prêtres zen de l'Orient pour lesquels chaque geste est une célébration, un acte de piété. » À terme, l'alcool doit être comparable à une oeuvre d'art, unique par son style et le matériau sensoriel qu'il met au jour : « Sauternes demande le même souci qu'une oeuvre picturale, musicale, architecturale. Autant d'attention et de concentration des sensations, des émotions, des mémoires, des savoirs et des cultures que devant Poussin, Scarlatti ou Ledoux, sinon Klee, Schönberg ou Le Corbusier. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 5 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
onfray,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Formes du temps : Théorie du sauternes (Poche)
O livro chegou em perfeitas condições, bem antes do tempo aprazado. Fiquei muito feliz com a transação.
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