C'est sûr, si l'on compare cette oeuvre à "Brazil", "l'armée des 12 singes", "le Baron de Munchausen" ou encore "Times Bandits" (du même auteur, est-il besoin de le rappeler ?) et j'en passe, on ne joue pas dans la même cours. Mais pas loin...
Relater et adapter les rocambolesques aventures des Frères Grimm est une excellente idée au départ.
Evoluant dans un décor souvent forestier et fortement onirique (on est en plein conte de fées), les personnages attachants sont bien étudiés : Damon campe très bien l'aimé Grimm, Ledger le cadet, tous deux complémentaires dans l'arnaque des esprits simples. Quant à Price, il est parfait en grand méchant, secondé par l'excellent, vraiment excellent Peter Stormare en Mercurio Cavaldi, issu d'une vieille famille de tortionnaires italiens. Même Bellucci, que je n'aime pas, reste convaincante en reine au miroir. Et enfin Lena Headey en Monika, la belle sauvageonne.
Le scénario est bien pesé, avec en trame de fond une malédiction, toile occulte dans laquelle va se prendre la paire de frangins roublards, qui jusque là escroque les villageois lors d'exorcismes bidons avec force mise en scène. La reine sera donc leur ennemie, mais aussi Price, le militaire à la Napoléon, qui entend bien débarasser la contrée des Grimm, contre qui il engage une gueguerre personnelle.
Au sein de décors saisissants, dans une ambiance majoritairement ténébreuse et mystique, Gilliam avance ses pions avec maestria, malgré les coupes budgétaires dont il a fait l'objet de la part des producteurs.
Un excellent divertissement, donc, qui allie fantastique, comique, aventures, le tout avec la patte unique de Gilliam qui saupoudre le tout d'un voile évanescent visuellement superbe.
Un terrain de jeu idéal pour le réalisateur, qui affectionne tout particulièrement l'onirisme et la magie. Nous aussi !