Comme il sied à un classique de cette qualité, "Les grandes espérances" a été adapté de très nombreuses fois, mais cette version tournée en 1946 par un jeune cinéaste prometteur du nom de David Lean est celle que je préfère. Bien qu'abrégeant ou simplifiant certaines parties du roman de Dickens, faute de quoi le film aurait fait quatre heures, cette superbe production est sûrement l'un des plus beaux trésors du cinéma britannique et un modèle d'adaptation littéraire. Son noir et blanc est magnifique, sa mise en scène parfaite, son casting impeccable. Quel plaisir, entre autres, de retrouver l'incomparable Alec Guinness dans le rôle d'Herbert! Comme toujours chez Dickens, l'histoire est mélodramatique mais au meilleur sens du terme, et sous ses rebondissements court une peinture acérée des moeurs et travers de son temps. Voir la littérature aussi bien honorée par le cinéma est vraiment un bonheur sans mélange!