Les Indes noires se présentent comme un roman mystérieux et à suspense dans sa toute première partie, pour se terminer comme une pièce de théâtre dans la seconde . Si la première partie est bien conduite, tout en étant bien réelle, puisque s'appuyant sur le thème des mines de charbon en Ecosse, la seconde partie est quant à elle digne d'une parfaite comédie burlesque, dans laquelle se côtoient poésie et fantastique, faits pour le moins surprenants et imaginaires : éléments qui qualifieraient ce roman de purement farfelu. Pourtant, à bien regarder, Jules Verne abonde l'ouvrage de considération d'ordre géologique, géographique et historique propres à l'Ecosse. Il l'agrémente des coutumes locales et des croyances aux génies, fantômes ... De même, l'auteur nous abreuve des techniques des mineurs de l'époque, chose qu'il fait avec force de détails et de termes techniques selon son habitude. Mais ce qui dénote : c'est donc ce sérieux qui tout à coup bascule en un syndrome où l'utopie va prédominer et la tragédie s'accomplir ; et voilà que l'auteur a franchi la barrière du réel pour se projeter dans le domaine du rêve , en nous faisant partager ses élucubrations ! Voilà qu'il a franchi la frontière du réel pour s'abîmer dans l'imaginaire : celui dont tous nos rêves se nourrissent ... A nous de puiser au passage un morceau de cette illusion ...