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Commentaires client les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
De l'indifférence nait l'ennui...,
Par Mimine (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Indifférents (Poche)
Premier roman de Moravia qui était tout jeune lors de cette publication. Alors évidemment, on pourrait lui reprocher sa jeunesse, mais eu égard au contenu, on ne peut qu'applaudir des deux mains. Je ne lis pas l'italien et le regrette amèrement, mais lire la traduction est un immense plaisir. Peut-être est-ce là l'indice d'une bonne traduction et d'une bonne écriture. Le fait est que Moravia tape un grand coup en nous présentant des personnages si tièdes. Froid n'est pas le terme, tiède convient parce qu'il permet d'exprimer ce mal-être patent de l'oeuvre. Pas de vagues dans ce roman, juste le lent remous des caractères mous et inconséquents. Tout va s'évanouissant dans ce roman, les sentiments sont mitigés ou inexistants, les dialogues souvent creux... Mais les soliloques eux, sont exquis. Les réflexions de chaques personnages sont à goûter avec d'autant plus de bonheur qu'elles sont parfois les nôtres. On se sent parfois trop soupe au lait, on aimerait être plus "indifférent"... A lire ce livre, on se souvient comme on a de la chance d'être si susceptible!
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
"(...)tout devait être impur, bas, malpropre(...)",
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Indifférents (Poche)
ce roman se déroule dans une villa cossue et décatie pendant quelques jours d'un hiver pluvieux (avec quelques sorties) à Rome entre cinq personnages, une veuve désargentée -Marie-Grâce- dans la cinquantaine, pathétique, peinturlurée, égoïste et infiniment ridicule, ses deux enfants Carla -qui fêtera ses vingt-quatre ans et qui veut troquer sa vie parfaitement vaine en quelque chose de bien plus excitant- et Michel -oisif et soit-disant étudiant que tout indiffère, velléitaire , faible et incapable de réagir malgré son envie et sa lucidité "Il se voyait tel qu'il était réellement, seul, indifférent, misérable."-, s'y ajoute Léo le soit-disant amant de Marie-Grâce autour de qui toute la tragi-comédie tourne, riche, basique et qui n'est intéressé que par l'argent -il veut arnaquer sa maîtresse en lui rachetant sa villa à vil prix afin de se rembourser grassement des emprunts concédés- et par le sexe -il a des visées lourdement sensuelles sur la fille juvénile de Marie-Grâce, son amante en titre- et une amie de la famille Lisa, précédente maîtresse de Léo, amoureuse de Michel, un peu moins vaniteuse que Marie-Grâce mais juste un peu ; publié en 1929 dans l'Italie de Mussolini soit-disant forte et triomphante, il met-en-scène des bourgeois parfaitement vains et hypocrites qui ne s'occupent que de leur petites personnes Et qui sont d'un égoïsme "admirable", ils sont souvent parfaitement grotesques et lamentables, parfois pitoyables -surtout pour une Marie-Grâce amoureuse qui est bête et qui se fait bellement berner par son Léo- ; c'est implacable et scandaleux. Ce roman se savoure."Silence. La peur de Marie-Grâce prenait des proportions gigantesques. Elle n'avait jamais rien voulu savoir des pauvres, elle n'avait jamais voulu en entendre parler, elle s'était toujours refusé à admettre l'existence de gens astreints à un travail pénible et à une vie misérable. Le peuple ? Elle se contentait de dire : "Ils sont plus heureux que nous. Nous avons plus de sensibilité qu'eux, plus d'intelligence, donc nous souffrons davantage..." Et voici que soudain elle serait forcée de se mêler à eux, de grossir leur foule ? (...)" "Attentive aux mouvements de ses jambes, Marie-Grâce commença à danser ; la lumière de la bougie éclairait pauvrement son visage peint et congestionné, sillonné de rides molles ; sa robe la serrait étroitement et, à chacun des sauts brusques qu'elle exécutait, l'étoffe brillante se tendait sur sa poitrine et sur ses hanches ; elle lançait ses pieds à droite et à gauche, s'efforçant de suivre la mesure et de garder les genoux joints ; mais apparemment elle avait oublié la leçon de Léo, car au bout d'une minute, elle s'arrêta et regarda son amant d'un air déçu." "Un silence. Carla se taisait, debout près du fauteuil vide de sa mère ; Léo regardait par terre : immobile au milieu du salon, Michel fixait sur Léo des regards irrésolus et embarrassés ; il n'éprouvait aucune pitié pour sa mère, aucune haine contre Léo ; il se sentait superflu et inutile ; il eut, le temps d'une seconde, un violent désir de réagir, de protester, de poser des questions, d'engager une dispute... puis, non sans un sentiment aigu d'humiliation et d'ennui, il se dit qu'à la fin du compte ces histoires-là ne le concernaient en rien : - Faites comme vous voudrez, dit-il brusquement ; moi, je m'en vais. Et il sortit." "Michel était de mauvaise humeur : les événements de la veille au soir l'avaient laissé en proie à un mécontentement hypocondriaque ; il comprenait qu'il fallait une bonne fois vaincre sa propre indifférence et agir ; l'action, sans doute, lui était suggérée par une logique étrangère à la sincérité ; amour filiale, haine contre l'amant de sa mère, affections domestiques : autant de sentiments qu'il ne connaissait pas... Mais qu'importe ? Quand on est n'est pas sincère, il faut feindre et à force de feindre on finit pare croire ; c'est le principe de toute foi." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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