Produit notamment par Joel Surnow et réalisé par Jon Cassar (deux anciens de '24 heures chrono') et principalement interprété par l'excellent Greg Kinnear (John), Barry Pepper (Robert), le grand acteur britannique Tom Wilkinson (Joseph, le père) et Katie Holmes (Jackie), ce nouveau feuilleton télévisé (voir 'à noter' ci-dessous) sur la famille Kennedy est le tout premier à illustrer en 8 épisodes de 50mn l'ensemble de leur histoire à partir du moment où le père, Joseph, dit Joe, alors ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne et opposé à Roosevelt (il ne voulait pas l'entrée en guerre des USA pendant le second conflit mondial), commença de penser lui-même à la présidence...
Après que le père (1888-1969, l'un des hommes d'affaires les plus riches des Etats-Unis alors, politicien et grand consommateur d'actrices hollywoodiennes ( !), époux de la fille du maire de Boston) ait perdu toutes ses chances que de pouvoir se faire élire président, il décide que c'est son aîné, Joe, qui prendra la relève ; mais Joe meurt 'bêtement' pendant la seconde guerre mondiale et donc c'est à John, dit Jack, qui ne s'intéressait qu'à l'histoire et aux filles (cet aspect-là de sa personnalité allait particulièrement marquer son histoire personnelle) qui dut se 'sacrifier'. Devenu le mari de la brillante et séduisante Jacqueline Bouvier (dont Katie Holmes traduit parfaitement et probablement tout à fait naturellement l'innocence et la naïveté de départ) et bien que pas très doué en soi pour la politique, Jack (manipulé par son père, « la vie est une compétition et je ne connais qu'un seul mot : gagner ! », le grand ordonnateur de leurs vies à tous, qui est toujours demeuré dans les coulisses à tirer toutes les ficelles (et qui fit aussi lobotomiser sa fille Rosemary à l'âge de 23 ans parce qu'elle était devenue incontrôlable et rebelle, ce qui en fit un quasi-légume), et secondé par son puritain de frère qui allait connaître le même sort que lui) fait son chemin en parlant au c½ur des femmes et autres minorités dont il deviendra du coup le 'chevalier blanc'. En 1961, il devient le plus jeune et premier président catholique des USA.
Le reste est connu : l'incident de la baie des cochons, l'édification du mur de Berlin, les missiles de Cuba, « Ich bin ein Berliner », Marylin et bien sûr l'assassinat qui fit le mythe; puis, après son décès, Bobby et Ethel qui prirent la succession ; le couple interdit que formèrent Bobby et Jackie ; les efforts de J. Edgar Hoover pour détruire la famille ; l'assassinat de Bobby avant même qu'il ne devienne président à son tour (le feuilleton lui-même s'arrête là); l'incapacité de Ted de leur succéder ; les incroyables malheurs que subirent leurs descendants, les enfants perdus d'un rêve qui n'était pas le leur...
Illustrée sous forme de flash-back, réalisée avec soin et interprétée avec talent par les acteurs(trices) qui en incarnent les principaux protagonistes, cette histoire est racontée pour une fois avec précision quant à la personnalité de comme au rôle tenu par chacun : la politique est avant tout une affaire de sous, de pouvoir et de manipulations ; une métier sale que l'on ne peut faire que salement (parce que les politiques ne sont de toute façon que les marionnettes d'intérêts financiers qu'ils représentent, dont ils ont besoin pour arriver à accéder au pouvoir, puis à s'y maintenir, mais qui les dépassent et les manipulent à leur tour) ; et tout le reste n'est malheureusement que 'littérature' : les 'chevaliers blancs' n'existent pas en politique !
Extrêmement controversé aux USA où les Kennedy sont toujours encore très influents, « les apparences doivent rester sauves, c'est la seule chose essentielle » disait Joe, ce feuilleton pourtant 'modéré' (certains faits sont évoqués avec des pincettes, voire légèrement 'optimisés') sur le 'monde merveilleux des Kennedy' a été littéralement cloué au pilori tant le mythe Kennedy y est intouchable, tellement il est lié au mythe américain en général : le 'gendarme du monde', symbole de liberté et de démocratie ne peut évidemment accepter que l'on révèle la vérité sur la famille peut-être la plus représentative des Etats-Unis d'Amérique et qui est aussi l'une des plus discutables. Ne manquez donc à aucun prix ce premier témoignage historiquement vrai sur les Kennedy, les 'Borgia' de l'Amérique d'alors ou l'autre visage de l'Amérique puritaine et donneuse de leçons, tellement souvent dirigée par des personnages plus que douteux !
A noter : la télévision américaine s'était déjà une fois intéressée à la tragédie des Kennedy à l'occasion du 20° anniversaire de la mort de John au travers de 'Kennedy ' Les années présidentielles' de Jim Goddard en 6 épisodes de 50mn avec Martin Sheen (eh oui, bien avant de principalement interpréter la série télévisée 'A la Maison-Blanche', ce grand admirateur de la famille Kennedy fut déjà président et plus précisément le président Kennedy donc dans ce feuilleton de 1983) ; un téléfilm beaucoup plus consensuel bien sûr et qui fut du coup nominé pour 3 'Golden Globes'...
A noter également : pour ceux qui s'intéressent aux Kennedy, vous pouvez aussi regarder 'PT 109' de Leslie H. Martinson avec Cliff Robertson (sur les années de guerre de John) ; le controversé, mais tellement passionnant 'JFK' d'Oliver Stone ; 'Bobby' d'Emilio Estevez (Sheen) avec Martin Sheen autour de l'assassinat de Robert ; et 'Love Field' de Jonathan Kaplan sur le racisme qui sépara et le chagrin qui rassembla les américains après l'assassinat de John