Ce projet tenait à coeur à Fuller qui devait très largement s'inspirer de ces Marauders pour
Au-delà de la gloire (The Big Red One), son dernier grand film réalisé vingt ans plus tard. Mais le premier jet est plus puissant.
Certes, le film souffre de travers à la fois habituels au genre du film de guerre (manque de caractérisation des personnages, multiplicité des clichés, ennemi nié dans sa personnalité et ses enjeux, banalité des actions : prendre une base, contrôler une voie ferrée, marche forcée) et coutumiers à Fuller (narration un peu bâclée, manque de soin dans les détails : soyez attentifs, on a rarement vu des figurants aussi mal tomber quand ils sont pris par les rafales de mitrailleuses ennemies).
Et pourtant, le film porte une certaine grandeur. La servitude et les responsabilités de l'officier, incarné par Jeff Chandler, sont présentées sans fard et avec honnêteté. Et surtout, ce qui est bien la finalité des films de guerre en définitive, le film nous montre la rudesse de la condition de soldat et la menace omniprésente de la mort.
Rarement film a aussi bien fait ressentir la fatigue née de l'effort, de la faim et de la chaleur. Après avoir pris leur deuxième objectif, les hommes de Merrill s'effondrent à même le sol sans qu'on ne puisse plus distinguer les vivants des morts. Et ce sont les Birmans locaux qui les feront sortir du brouillard halluciné de la guerre. Une scène magnifique.