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Si Londres est célèbre depuis longtemps pour l'effervescence de sa vie musicale, l'envers du décor n'est pas toujours aussi reluisant, comme en témoignent les mésaventures de William, un jeune compositeur ambitieux qui ne cesse de se heurter aussi bien dans sa vie quotidienne que dans ses ambitions professionnelles à toutes sortes d'avanies. À commencer par le meurtre d'un de ses confrères assassiné sous ses yeux par deux nains cagoulés. Dans ce troisième roman, écrit juste avant
Testament à l'anglaise, Jonathan Coe met en scène tout un monde interlope de musiciens ratés, de barmaids écossaises et de managers louches. Pour William, la vie est un cauchemar, les séances d'enregistrement tournent au drame, ses amours sont sans espoir et pour avoir été témoin d'un crime il en devient aussi le principal suspect. Conçu comme une véritable composition musicale avec intro, interlude, solo, reprise…
Les Nains de la mort (c'est aussi le nom d'un groupe punk des années soixante-dix) explore avec l'efficacité d'un thriller tout un pan de la société britannique. Mais la satire sociale, dont l'auteur s'est fait une spécialité, même si elle est sévère, ne va pas sans humour et même une sorte de tendresse pour tous ces paumés qui s'efforcent avec une ténacité touchante, et des résultats discutables, de se faire une place au soleil au royaume de la perfide Albion.
--Yves Bellec
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Revue de presse
Les aficionados de Jonathan Coe ont connu la révélation en 95 avec
Testament à langlaise, récit impitoyablement bien ficelé qui se doublait dun règlement de comptes à la
O.K Corral avec lAngleterre du tatchérisme. Lauteur réussissait lexploit de produire, tout à la fois, un livre de flingueur et de magicien. Pour le lecteur, cétait le début du grand mystère de la «Coe Touch». Ce type avait le don, suprêmement agaçant, de mettre sur orbite des missiles anti-rupins, super calibre, avec un air détaché au possible, cool, presque mou - lunaire. Bref, on espérait bien prendre sa revanche avec
Les nains de la mort, oeuvre de jeunesse (1990) au titre on ne peut plus Lynchien, que nous refourguait Gallimard en manière den-cas, histoire de patienter jusquà la traduction du nouveau Coe, déjà paru de lautre côté du Channel. Mais voilà, ce petit polar ne se réduit pas à un brillant exercice de style et de gammes, même sil est question, ici, de musique et dapprentissage.
Il était dailleurs difficile dimaginer lécrivain au style ouaté, pas du tout flashy, prendre pour cadre le milieu des groupes rocks et underground du Londres de la fin des eighties, il y avait erreur de casting. Curieusement, cest ce hiatus même, qui donne sa saveur, et son ironie, aux déambulations de William, la vingtaine nébuleuse, pianiste venu chercher la gloire dans un groupe minable naviguant entre post-punk et nouveau-romantisme, et qui sera entraîné dans une sombre affaire de meurtre. La captation des tics et manies de jeunes musicos, nuls à souhait, est parfaite. Et, Coe, mais cela est moins surprenant, restitue demblée le ballottement du juvénile narrateur sur la chaussée de Soho, accompagné par la voix de Morissey, pape languide dune Pop ombrageuse qui tendait alors à la jeunesse britannique le reflet de sa propre cruauté. Parce quil est plus appliqué sur son sujet - donc moins discret - on a tout le loisir de voir Jonathan Coe tourner autour de ses personnages, tour à tour masquant ou dévoilant leur visage. Preuve que cet écrivain cinglant est dabord - comme le fut Fitzgerald - et cest cela sa botte secrète, un grand maître de léclairage.--
Stéphane Malterre -- --
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--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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