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5.0 étoiles sur 5
Une folle journée, un merveilleux DVD, 21 février 2012
Une mise en scène efficace au service de l'oeuvre, qui ne cherche pas à être originale à tout prix mais qui rend justice à Mozart, Da ponte et Beaumarchais; et une distribution excellente : tous les protagonistes chantent et jouent la comédie comme si c'était naturel : on en oublie presque que c'est difficile de chanter toutes ces notes ! Erwin Schrott, pour ne citer que lui, campe un Figaro exceptionnel : ses récitatifs en particulier sont d'une intelligence et d'une maîtrise parfaite du chant, du savoir parler-chanter : c'est renversant à mon goût. Et qu'on ne me dise pas qu'il est trop prolétaire, trop macho, trop conscient de son charisme : il est Figaro et il le chante et l'incarne à merveille. Suzanne, le Comte, la Comtesse, Basile, Marceline, et Chérubin sont à la hauteur ! Un DVD exceptionnel pour moi. J'aimerais voir la même distribution et le même metteur en scène pour Don Giovanni, et le même chef, bien sûr !
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4.0 étoiles sur 5
Presque parfait !, 29 juillet 2011
Mozart "Le Nozze di Figaro", McVicar - Pappano, Covent Garden, 2006, 2 DVDs OpusArte.
J'aurais mis cinq étoiles à cette production, la plus enthousiasmante, en DVD, avec celle de Martinoty / Jacobs, si la mise en scène "cinématographique" de David McVicar, avec ses effets d'éclairages hyperréalistes très impressionnants, avait été aussi originale, notamment dans la direction d'acteurs, que celle de Martinoty. De plus, en transposant une intrigue, qui est si foncièrement pré-révolutionnaire, dans les années de la Restauration, il la décharge de beaucoup de sa puissance. Par exemple, l'abrogation volontaire par le comte Almaviva de son "droit de cuissage", dont toutes les femmes du château le remercient, et auquel il est fait sans cesse allusion, n'a plus de sens vers 1825. Quant à Figaro, ce serviteur qui se joue de son maître, le traite d'égal à égal, d'homme à homme - ce qui est un scandale dont on n'a plus idée -, qui ose le ridiculiser devant toute sa maisonnée, et dont l'arrogance n'est "rachetée" que par la découverte de sa naissance moins basse que prévue, quoiqu'illégitime, il n'a sa valeur de brûlot, de brûlot qui mettra le feu à tout un monde, que dans la société d'avant 1789. Par contre, l'idée de montrer une valetaille omniprésente dans les couloirs, derrière les portes et les fenêtres, choeur antique muet, épiant, commentant sans bienveillance la vie de ses "maîtres", est très bien venue.
Le spectacle est servi par une distribution exemplaire. Miah Persson, adorable Suzanna, au beau timbre sage, déjà aussi embourgeoisée que Dorothea Röschmann, opulente Rosina, pas très "classe", reconnaissons-le, plus filleule de Bartolo que comtesse Almaviva, est brûlée de passion; Gerald Finley, comte un peu grimaçant, mais vocalement admirable, et le Don Basilio, dandy inquiétant, de Philip Langridge.
Deux mentions particulières : d'abord à Erwin Schrott. Son Figaro, à première vue, choque tant il est balourd, bougon, renfrognée, si loin du personnage affuté, rebelle et sûr de lui de Beaumarchais, mais une fois qu'on a fait le petit effort de l'accepter, on y croit, l'acteur étant aussi drôle que le chanteur est séduisant. L'autre mention va au plus joli Cherubino qu'on puisse voir et entendre, celui de Rinat Shaham, vrai petit garçon, naïf, tendre, espiègle, et chantant à merveille ses deux airs si difficiles à rendre dans leur juvénilité fiévreuse et pleine de sous-entendus.
Une version pas parfaite mais belle, et aussi souvent drôle qu'émouvante.
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