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Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité - Prix Décembre 2012 Broché – 22 août 2012


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Descriptions du produit

Extrait

Je suis resté longtemps prisonnier du sentiment flottant, informulé selon lequel l'Allemagne était infréquentable. Je n'étais pas guidé par une idée, un ressentiment moins encore, mais, de fait, chez moi on n'allait pas en Allemagne, tout au plus la traversait-on hâtivement pour se rendre au Danemark, en Pologne, pour rentrer de Hongrie. Maintenant que plus de la moitié de ma vie est faite, je me dis qu'il est temps d'aller voir ce grand morceau d'Europe qui se déroule du Rhin à l'Oder, des Alpes à la Baltique, d'aller voir les hommes qui le peuplent, en rêvent, y pensent, en vivent. Je veux serrer dans mes bras le corps d'un de ces hommes dont je ne parle pas la langue, le corps d'un de ces hommes que l'Histoire longuement m'opposa, le corps d'un homme allemand. Je vais donc à Cologne par un beau jour de mai, c'est tout près, on n'est même pas obligé de passer le Rhin, et je fais cela qui, pour un Français, a son pesant de sens : coucher avec un Allemand. Ce fut facile et doux. Ensuite de quoi je décidai que j'aimais l'Allemagne et les Allemands : on ne peut pas toujours dire que seuls le malheur et la mort franchirent jamais le Rhin.

Toucher un corps n'est pas un geste facile, il l'est même si peu qu'on l'a dépouillé de la pensée pour en faire un automatisme. Seuls les insensés, les assassins et les amants suspendent un instant leur mouvement avant d'atteindre l'autre. Se donner le temps du regard, s'accorder le temps de la pensée, puis poser la main en ayant tout choisi - le lieu, le moment et le geste -, cela m'est arrivé avec le corps allemand. Mais, je me demande aussi comment on se prend quand on se propose de s'entretuer. D'un geste de guerrier ?

J'ai levé mon bras gauche, posé ma main sur sa nuque, l'ai senti campé, plein et fort, immobile. Je me suis ainsi doucement arrimé. Puis, dans la souplesse soudaine des muscles de son cou j'ai senti notre entente se mettre en place. Alors sa main gauche, allemande, sur ma nuque à son tour s'est fermée, halant vers le sien mon corps français délié de crainte, mes lèvres sont allées se nicher sur les siennes, et ma main droite juste au-dessous de sa clavicule gauche, là où les hommes pleins donnent la mesure exacte de leur consistance. J'avais un fort désir de structure affirmée, de grands os et d'ancrage que ce geste combla. Quittant sa nuque, ma main gauche, à travers le tissu fin de sa chemise, parcourut lentement ses vertèbres, entraînant comme un réflexe un mouvement analogue de ses doigts sur mon dos, et cette lente exploration me livra les premières clefs, attendues, de la curieuse et savante construction devant laquelle je me tenais. Allemande. Ce garçon habillé est déjà nu pour moi, vêtu de mon désir.

Revue de presse

Dans Les Oeuvres de miséricorde, Mathieu Riboulet se livre, sur les chemins de l'Allemagne, à une magistrale méditation sur les morts des guerres passées...
"Que faire de tous ces morts, où vivre, comment s'aimer ?" C'est à ces obsessions, nourries par les ravages de l'Histoire, aussi fortes que sa fascination pour le Caravage, que Mathieu Riboulet, né en 1960, tente de répondre dans ce livre exaltant, bruissant de violence et d'amour. (Marianne Payot - L'Express, septembre 2012)

Dans la continuité des livres précédents de Mathieu Riboulet, L'Amant des morts et Avec Bastien (Verdier, 2008 et 2010), le corps est donc au coeur du texte. Le corps de l'homme, les corps des hommes. Le sien, l'autre. Le corps en masse et le corps seul, celui que l'on peint et celui que l'on tue. Celui qui donne le plaisir et la douleur, celui qui meurt...
La grande force du livre de Mathieu Riboulet est de suggérer le mouvement de l'Histoire dans la superposition de ces corps, certains diaphanes comme des idées, d'autres denses comme le désir. Le corps a une histoire, le corps est l'Histoire. Pose candide ou fausse simplicité, l'écrivain joue sur les caricatures de l'Histoire et les lieux communs. Caricatures meurtrières ou imbéciles, caricatures de juifs, d'homosexuels et d'Allemands, caricatures de bourreaux et de victimes. Le narrateur du texte reçoit l'Histoire. Il l'étreint, l'incarne...
A la fin du corps, la fin du roman, " mes os se sont longuement entrechoqués ", le squelette tremble et grince jusqu'aux dernières pages. " Seuls les insensés, les assassins et les amants suspendent un instant leur mouvement avant d'atteindre l'autre ", souligne le narrateur. Les écrivains aussi, et le livre est cet instant. (Nils C. Ahl - Le Monde du 11 octobre 2012)

Qu'est-il donc allé chercher sur les routes d'Allemagne, le narrateur de ce texte subtil et précieux, infiniment humain, érudit et sulfureux ? Qu'est-il donc allé chercher sur les chemins tortueux de l'histoire, cet homme à la mémoire si lourde ? Des bribes de réponses à des questions incommensurables ? Une quête d'amour et de sexe comme défi à la mort ?...
Récit, essai, méditation tout à la fois, ce livre inclassable poursuit ainsi un chemin éblouissant, aussi rude que bouleversant, porté par cette question en forme de leitmotiv : «Que faire de tous ces morts, où vivre, comment s'aimer ?» (Michel Abescat - Télérama du 31 octobre 2012)



Détails sur le produit

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Editions Verdier (22 août 2012)
  • Collection : LITT FRANCAISE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2864326876
  • ISBN-13: 978-2864326878
  • Dimensions du produit: 21,8 x 1,3 x 14,1 cm
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile  Par jean-marie lambert TOP 100 COMMENTATEURS le 17 septembre 2012
Format: Broché
Les sept oeuvres de miséricorde sont les obligations morales de chaque chrétien,dont l'évaluation fera l'objet du Jugement Dernier.L'auteur leur ajoute les siennes,"peindre ceux qui sont nus","défigurer les morts","payer ceux qui nous tuent",etc.
L'idée affichée de l'oeuvre est de comprendre comment à trois reprises le "Corps Allemand" a pénétré la France,et les séquelles d'aujourd'hui;Riboulet se rend donc à Cologne puis en d'autres lieux pour expérimenter ces sensations par la possession,ce qui lui donne l'occasion d'illustrer la violence dans l'Art,la sexualité,etc.
Beaucoup d'idées de base,le plus souvent intéressantes,mais cela n'en fait pas un grand livre;la construction en est trop mécanique et,surtout,l'on retrouve tous les poncifs d'une certaine littérature:Le Caravage,Douglas Sirk,Purcell,les quartiers gays de Berlin,les beau-italiens-sortis-tout- droit-d-un-tableau-du-quattrocento,l'immigré turc,les zones commerciales où l'on peut draguer,etc.
Dommage,car l'on trouve de ci-de là quelques notations plus émouvantes (le hameau,Adrien...).
Un ambitieux ratage,qui ne convaincra pas grand-monde;dommage pour l'auteur,qui paut certainement mieux faire.
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile  Par Jean Pierre P TOP 500 COMMENTATEURS le 23 décembre 2012
Format: Broché Achat vérifié
Je n'avais pas prévu de commenter ce livre mais c'est la lecture du bon commentaire de MC, auquel je n'adhère pas, qui m'y incite...
Le dernier opus de Mathieu Riboulet déchaine, en effet, les passions et l'ire de certains commentateurs.
Je fais, quant à moi, volontiers confiance au prix Décembre qui a déjà couronné - pardonnez du peu - Echenoz, Houellebecq, Michon,
Jauffret, Forest, Dantzig, Guyotat, Haenel, Enard, Toussaint...
Cette fois encore, j'ai été très touché par ce livre parfois bouleversant. Je n'y ai pas vu d'affèterie, de clichés, mais une belle
langue, à l'évidence très travaillée, qui convoque (comme le signale à juste raison - mais c'est pour s'en gausser - MC) une littérature
à peu près oubliée (oui, Boileau par exemple).
Le rapport que tout à chacun entretient avec l'histoire, et avec l'art ne s'épuise pas dans les textes érudits et tisse des liens
secrets avec le présent, l'imaginaire, le désir.. et c'est bien cette expérience intime que nous dévoile Mathieu Riboulet. Il a, c'est vrai,
les heureuses références culturelles et les curiosités de son temps (qui ne sont pas pour autant banales ou vides).

Plus qu'aux « sept oeuvres de miséricordes » (et pour faire bondir MC ! en toute cordialité, bien sur), c'est aux «sept dernières paroles du Christ» que j'ai pensé
(écoutez la belle version originale pour orchestre de Brüggen :Haydn : Les sept dernières paroles du Christ).
Soyons honnêtes, ce n'est sans doute pas le livre de l'année..mais..une belle oeuvre... alors, un peu de miséricorde?
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9 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile  Par MC le 12 novembre 2012
Format: Broché
Les Editions Verdier n'ont pas de chance avec les prix. Celui de l'Académie Française a récompensé le pire Pierre Michon, "Les Onze", opus dont l'indigence fait tache dans la très belle bibliographie de l'auteur. Voici que le Prix Décembre couronne à son tour un texte très mauvais d'un auteur dont les oeuvres précédentes étaient injustement passées inaperçues. Un signe de plus, s'il en était besoin, du peu de crédit qu'il faut accorder aux jurys parisiens.

Alors que Mathieu Riboulet, dans "Avec Bastien : Portrait", décrivait sans fard le désir éprouvé pour un beau gosse de film X, voici, dans "Les Oeuvres de miséricorde", qu'il ressort du grenier la quincaillerie pompière et ridicule de sa bigoterie (déjà entrevue, hélas, dans "L'Amant des morts").

Ici, faire l'amour avec quelques Allemands occasionne une méditation historico-philosophique de bas étage, puisqu'il est bien entendu que "le corps allemand" a pénétré par trois fois la France en 1870, 1914 et 1940.
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5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile  Par Michel Petit le 21 octobre 2012
Format: Broché Achat vérifié
Il n'est pas si courant de rencontrer, par les temps qui courent, un auteur, un livre, qui tranchent heureusement avec le tout-venant de la production littéraire française.

J'ai la (mauvaise ?) habitude de lire plusieurs livres à la fois : j'en commence un, je le pose pour en ouvrir un autre, je reviens au premier, ou pas, c'est selon. Pour moi le fait de laisser tomber tous les autres est un assez bon test de la qualité d'un livre, ou du moins de l'intérêt que je lui porte. Ainsi, Les Œuvres de miséricorde a-t-il supplanté momentanément The English Patient, lequel s'était imposé face à un livre de Coim Toibin, lui-même ayant triomphé d'Alan Bennett — tous auteurs dignes d"éloges assurément, auxquels je reviendrai en temps voulu.

Mais pas avant d'avoir lu d'autres livres de Mathieu Riboulet.
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