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Tabucchi nous offre dans ce curieux recueil quelques courts textes écrits lors de crises danxiété ou dinsomnies. Récits vagabonds, incertains de leur statut, bribes à la dérive despaces confidentiels, paroles lancées pour rien, pour le plaisir des mots. Parfois pas même : les textes sont «ratés», mais cela na guère dimportance.
La nouvelle qui donne son nom générique au recueil raconte lhistoire plaisante de Fra Angelico. Penché sur un rang doignons, un oiseau lapostrophe. Une sorte de poulet déplumé, venu sempêtrer dans les branches dun poirier. Angelico vole à son secours. Débarrassé de sa robe de bure, il constate que ses jambes maigrelettes rappellent celles de loiseau. Deux autres créatures célestes, pas moins pitoyables, tombent à leur tour sur terre, où elles se mettent à gigoter ridiculement, les pattes en lair. La fable se poursuit sur le même ton : ils sont venus sur un commandement divin pour être peints par Angelico. Le peintre sexécute, les place dans ses fresques du couvent de San Marco qui précèdent son uvre ultime : lAnnonciation. Le lecteur se prend ici à rêver : à quoi aurait bien pu ressembler lajout dun volatile dans le chef-duvre dAngelico ? Mais cest la force de Tabucchi que de sen tenir là, sollicitant dun coup notre imaginaire comme bien peu savent le faire. Cest donc un vrai bonheur quil puisse exister ce genre douvrage, pratiquement sans enjeu, pas même celui de la littérature.--Joël Jégouzo--
La nouvelle qui donne son nom générique au recueil raconte lhistoire plaisante de Fra Angelico. Penché sur un rang doignons, un oiseau lapostrophe. Une sorte de poulet déplumé, venu sempêtrer dans les branches dun poirier. Angelico vole à son secours. Débarrassé de sa robe de bure, il constate que ses jambes maigrelettes rappellent celles de loiseau. Deux autres créatures célestes, pas moins pitoyables, tombent à leur tour sur terre, où elles se mettent à gigoter ridiculement, les pattes en lair. La fable se poursuit sur le même ton : ils sont venus sur un commandement divin pour être peints par Angelico. Le peintre sexécute, les place dans ses fresques du couvent de San Marco qui précèdent son uvre ultime : lAnnonciation. Le lecteur se prend ici à rêver : à quoi aurait bien pu ressembler lajout dun volatile dans le chef-duvre dAngelico ? Mais cest la force de Tabucchi que de sen tenir là, sollicitant dun coup notre imaginaire comme bien peu savent le faire. Cest donc un vrai bonheur quil puisse exister ce genre douvrage, pratiquement sans enjeu, pas même celui de la littérature.--Joël Jégouzo--
Quatrième de couverture
" Douze nouvelles qui résonnent à l'aube ou au crépuscule, troubles et pâles, bourdonnements lacunaires comme des yeux interrogateurs, Les Oiseaux de Fra Angelico distillent en un chant tantôt léger, tantôt grave, une émotion à rendre muet le babil de nos esprits futiles. Quand tous les petits accidents et incidents du quotidien se projettent dans un horizon confidentiel, quand les " choses de la vie " dérivent tel un vaisseau fantôme, le futur devient antérieur, et Tabucchi dans son recueil rêve le passé d'un demain, qui est - ou fut, peut-être - l'aujourd'hui circonstanciel qui dessine - destine - une vie. "