De 1933 à 1944, les nazis raflent les homosexuels en Allemagne, et dans les territoires annexés d'Autriche et d'Alsace Moselle. Victimes du paragraphe 175 du code pénal allemand qui condamne l'homosexualité masculine, ces hommes sont incarcérés : 15 000 d'entre eux sont incarcérés en camps de concentration où ils portent le triangle rose. 10 000 ne reviennent pas.
Les survivants se taisent à la Libération, car l'homosexualité reste un délit, y compris en France jusqu'en 1982.
L'histoire peut commencer alors à se faire, mais avec difficultés : les survivants homosexuels se taisent, les fédérations de déportés acceptent mal que de jeunes homosexuels viennent déposer des gerbes aux pieds des monuments du souvenir pour rappeler le martyr de leurs aînés, ou l'histoire héroïque de résistants homosexuels au nazisme.
En 2001 pourtant, Lionel Jospin déclare que toutes les victimes du nazisme font partie de la mémoire nationale, homosexuels compris. Jean Le Bitoux participe de la mise au jour de cette histoire de l'homosexualité, un passé qui ne passe pas.
Jean Le Bitoux est né en 1948 à Bordeaux. Enseignant puis jourmaliste à Libération, il fonde en 1979 le journal homosexuel Gai Pied. Il est président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle et co-auteur de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994).
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