4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
Quelles dégénerescences......, 3 février 2012
La lecture de ce roman de Houellebecq m' a été très pénible. L'auteur dans ses intentions apparaît comme une sorte de Janus insaisissable. Il nous plonge d'une part dans un univers littéraire brillant , avec un montage romanesque soigné, un style ciselé comme le ferait un orfèvre des très belles lettres, bref un réel plaisir pour le lecteur qui se délecte de l'art certain du romancier.
L'autre face de ce Janus, est celle du fond du livre, de sa substance, de son objet.
Et là c'est la déception, presque le dégoût, en tous cas au fil des pages, un agacement certain.
L'argument repose sur la mise en parallèle des destinées de deux demi-frères censés représenter les deux aspects possibles et principaux de la dégénérescence de nos sociétés contemporaines. L'un est bien sur scientifique, rationnel, introverti, caricatural dans son image d'intello des sciences, l'autre est l'archétype de ce qu'on nomme aujourd'hui le bobo, version soixante huitarde.
La réunion de ces deux visions siamoises d'un univers occidental désenchanté se fait par le truchement d'un séjour en un camping pour enseignants, où par le biais, notamment de mises aux normes sexuelles, l'éventualité d'une sortie de ce nihilisme postmoderne apparaît comme possible. Evidemment le substrat de ces interrogations - réponses, est un discours très individualiste, très narcissique, très politisé qui encombre le propos jusqu'à la nausée. Pourquoi? Car sans doute Houellebecq ne se prive d'aucune liberté pour s'épancher et se complaire dans ces évocations parfois très niaises de l'univers bobo, ou déjantées de zones sociologiques où la bonne mesure est celle d'un individualisme exacerbé dissimulé derrière de pseudos tribus.
Il y a un côté "déclin de l'empire américain" dans les nombreuses évocations sexuelles de ce roman. Le sexe est normé, forcé, amplifié comme métaphore absurde d'une émancipation qui ne se produit pas, et de bonheurs terrestres desquels le Moi vacillant doit se ressourcer.
Au final, un livre très bien écrit, mais sur un fond bien pâteux, alambiqué, caricatural par moments, forcé presque toujours.
Rendre les illusions et désillusions humaines par ce propos était un enjeu. Désolé, mais je préfère de loin la manière dont d'autres écrivains l'ont si bien fait depuis Balzac jusque Kundera.
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39 internautes sur 45 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Imparfait, mais poignant, 18 octobre 2002
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Particules élémentaires (Poche)
C'est un livre assez déroutant. Le scandale de la parution, la personnalité de l'auteur, le goût de la provocation (parfois un peu facile), la recherche de thèmes à la mode, sont autant d'aspects du livre qui invitent le lecteur vigilant à de la réserve, voire de la défiance. D'un point de vue formel, le livre n'est pas sans défauts, non plus; notamment, les longs passages pseudo-scientifiques, incompréhensibles pour la plupart (des non initiés, cela va sans dire) en lasseraient plus d'un. Et pourtant, presque fatalement, on s'accroche, on est emporté, non par l'intrigue (assez ténue), mais par cette intimité qui s'installe avec un narrateur désabusé, souvent ironique et d'une drôlerie irrésistible. Cependant, ce qui constitue peut-être le paradoxe de ce livre, c'est que, alors qu'il décrit un univers d'une noirceur difficilement soutenable le lecteur en sort comme grandi par la réflexion qui lui est proposée, par cette métaphysique glauque qui semble affûter son acuité visuelle. De ce point de vue, chapeau, Houellebecq !
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20 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une double lecture, 27 janvier 2001
Ce livre est destabilisant car une lecture au 1er degré ne peut suffire pour le comprendre et donc l'apprécier, mais est néanmoins nécessaire à la mise en condition que Houellebecq veut imposer à son lecteur. Les références faites au Meilleur des Mondes de A. Huxley ne sont pas gratuites, car la reflexion finale va dans le même sens, mais avec une ironie décuplée. Dérangeant mais juste. Une cruelle prise de conscience. A lire.
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