Un homme, accusé d'avoir tué sa femme, s'évade de prison. Il est vite aidé par une jeune femme qui croit en son innocence.
Dans la première partie du film, de nombreux passages sont filmés de manière subjective. En effet, le héros va par la suite "changer" de visage. Choix du réalisateur, ou astuce de cinéma (pour cacher le visage de l'acteur) ? Je ne sais pas exactement, peut-être un peu des deux, mais cela donne une touche particulière au film, pas désagréable. Peut-être est-ce ici que De Palma a pris son gimmick.
L'intrigue, bien que sympathique, est ici secondaire. C'est d'abord l'histoire d'un homme traqué, vulnérable. Quoi qu'il fasse pour s'en sortir, toujours il y a un élément pour le faire replonger dans la clandestinité. D'abord son allure de prisonnier, puis, après l'opération plastique (le héros passe entre les mains d'un chirurgien, qui, sympa, lui fera la tête d'Humphrey Bogart !), les pansements sur son visage qui l'handicaoent durant une semaine. Une fois pourvu d'une nouvelle tête, il reste ses empreintes digitales, et des espions qui savent, et des fouineurs. Aucun repos, toujours fuir, se cacher, et trouver le vrai coupable aussi, si possible.
Lauren Bacall semble la moins impliquée dans le film, mais c'est dû au personnage je pense, assez faible. C'est "l'indispensable" blonde du film. On a du mal à croire en son dévouement, qui est justifié maladroitement par une coupure de presse.
Bogart, en homme traqué, vulnérable, affaibli, parano, est parfait. D'ailleurs pour un acteur, avoir le visage caché durant les deux tiers du film ne doit pas être facile, et pour se montrer crédible, et pour l'ego.
Parmi les seconds rôles, il y a l'ignoble Marge qui est excellente (on a envie de lui mettre des claques), et le maître-chanteur qui s'en sort très bien lui aussi, même si son sort est réglé par un raccourci scénaristique.
Pas de répliques cultes ici, pas de mots d'auteur, l'écriture est au service de l'histoire et du suspense. Reste tout de même ce grand moment lorsque le personnage de Marge crache ce qu'elle a sur le coeur, mettant au jour son âme mauvaise.
Alors, pourquoi quatre étoiles au lieu de cinq ? Et bien, toujours pour des happy end vite expédiés qui tombent comme un cheveu sur la soupe. Attention, on arrive à la fin, ils nous restent une minute pour conclure. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.