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4.0 étoiles sur 5
Une exquise cruauté, 6 janvier 2011
"...c'est une chose à la fois triste et gaie, nous ne décidons pas des élans de notre coeur, Paul, mais un jour, sans qu'on sache pourquoi, le chagrin s'en va." Petits, ils le sont par l'âge ou la condition sociale. Mais toujours on leur enjoint de plier, soit par la force brute, soit de manière plus feutrée, sournoise, voire validée par l'ensemble d'un groupe social. Leur bonheur, aussi modeste soit-il, ne peut qu'exaspérer :"...sa politesse, sa douceur même , devenaient à leurs yeux une marque de condescendance inacceptable." La violence , quelle que soit sa forme, toujours, rôde. On frémit, on retarde même la lecture de certains textes, car on le sent , à un moment donné Sélim subira le pire parce qu'il aura franchi une invisible frontière, Isabelle sera forcée de se délester de ce qu'elle a de plus cher et de surcroît d'en subir les conséquences... Les atmosphères, les milieux sociaux varient mais il faudra attendre la dernière nouvelle pour qu'un peu d'humour féroce vienne insuffler un courant d'air bienvenu dans cette galerie de portraits acides et cruels ,mais qui sonnent toujours justes. La douleur est présente mais elle est exquise, dans tous les sens du terme. Un style tour à tour ferme ou poétique que Frédérique Clémençon manie avec une précision de scalpel.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Faut-il à tout prix aimer les gosses?, 10 juillet 2011
Un homme qu'on veut priver de ses filles, un petit garçon qui invente mille morts pour son père, une pianiste qu'on frustre de sa passion, des petits qui préfèrent leur grand-mère à leur mère, ce sont quelques uns des sujets des nouvelles de Frédérique Clémençon. Les thèmes sont intéressants et le point de vue de l'auteur original et pas politiquement correct. Pourtant, j'ai dû m'accrocher pour terminer ce livre. Le style m'a paru rébarbatif et ampoulé avec des phrases kilométriques couvrant parfois plus d'une page. En bref, mon avis est plus que mitigé.
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3.0 étoiles sur 5
douche froide !, 4 mai 2011
Les petits, c'est mignon. Tout le monde le dit. Oh, ces enfants adorables avec leurs airs innocents, leurs grands yeux empreints de naïveté. Tiens, il a bousculé son petit copain ? Oh, ce n'est pas grave. Il ne l'a pas fait exprès. Forcément. C'est un enfant. Il ne peut pas penser à mal. Qui irait oser imaginer l'inverse ? Non, impensable. Vraiment. Vous en êtes certains? Détrompez-vous... Frédérique Clémençon nous envoie une gifle en pleine figure. Les petits ne sont pas tous des anges. Ni les adultes d'ailleurs. En huit nouvelles scotchantes, elle met le doigt sur des sujets pas jolis, jolis. Dérangeants mais criants de vérité. L'injustice, l'exclusion, les différences à tout âge et dans tous les milieux. Une mère de famille qui s'éloigne de ses enfants. L'amour maternel qui s'épuise et se meurt lentement. Ou encore la petite fille modèle adulée par sa mère et vouée à une grande carrière de pianiste. Le rêve avorté du parent qui le transmet à son enfant ( mon fils, tu seras... !).Mais quand le vent de la rébellion se soulève, attention, la chute sera d'autant plus dure. Alors, forcément je ne pouvais qu'aimer ce livre mais ( le fameux mais), pourquoi écrire des phrases longues, très, très longues? Si longues que j'ai eu l'impression de me perdre par moment...J'aurais préféré plus de concision comme dans la dernière nouvelle. Et c'est dommage car l'écriture de l'auteure m'a déstabilisée. Alors, oui ce sont des nouvelles qui ont l'effet d'une douche froide ( à condition de ne pas s'égarer dans les looongues phrases).
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