Cette longue mais plaisante saga est centrée autour d'une petite ville de province (Saint Yé), d'une famille principale, les de la Verle, et de deux familles qui leur sont intimement liées, les Malmort, vieille famille noble de Saint Yé, et les Legrand, hôteliers du lieu. L'histoire débute quelque temps avant la révolution, quand le premier de la Verle, enfant trouvé, est confié aux monastère de Saint Yé, qui joue aussi le rôle à cette époque d'un hôpital primitif, où les malades sont entassés et le taux de mortalité est effrayant. C'est là que le jeune Aubin de la Verle va trouver sa vocation de chirurgien, vocation qui va se transmettre bien entendu de génération en génération, à travers les époques tourmentées de la révolution, des guerres napoléoniennes jusqu'à l'Algérie, en passant par les deux guerres mondiales.
L'auteur n'utilise pas trop les facilités associées aux grandes sagas historiques et choisit un thème original, la chirurgie. Arriver à nous faire partager les grands moments de cette science (ou art, ou artisanat ?) n'était pas une tâche facile, mais Schlogel a réussi son essai en nous plongeant dans le quotidien et l'intimité des "Pères de la chirurgie" : Ambroise Paré et ses premiers traités de chirurgie, Joseph Desault et l'enseignement clinique au lit de malade, l'anesthésie avec William Morton, l'antisepsie avec Pasteur, jusqu'aux techniques modernes comme la radiologie et les greffes.
Bref, il ne faut pas se laisser tromper par le titre, qui fait penser à un mauvais roman d'horreur, ni avoir peur des descriptions des opérations, qui ne sont pas excessivement fréquentes, car Les princes du sang est un roman prenant, très prenant.