Platine - Juin / juillet 1995
Thomas Fersen, fils spirituel de Prévert et de Doisneau ( il l'a photographié pour son " Bal des oiseaux " nous livre, son deuxième disque chez WEA (on l'avait déjà aperçu dans les 80's chez Phonogram). La pochette et les photos du livret sont belles et signées J.B. Mondino. Après
Le Bal des Oiseaux, disque prometteur et remarqué par la critique , T. Fersen confirme ses talents d'auteur-compositeur-interprête. Le titre d'ouverture " Louise " est un petit bijou d'écriture et, a, la griffe des grands. Le tout a été réalisé en acoustique avec quasiment une nouvelle équipe de musiciens . Joseph Racaille (Dora Lou, Arthur H., la bande sonore de s J.O d'Alberville...) et Philippe Delettrez (Trenet, Vartan...) ont signé des arrangements de cuivres et de cordes avec le talent qu'on leur connaît . Mais si l'album se laisse écouter avec un réel plaisir , on peut néanmoins regretter que Thomas Fersen , n'élargisse , au fil de ses chansons légères en trompe-l'il , son univers. On pourrait s'attendre à davantage de surprises et à des inspirations plus variées.
Critique
Dès la photo de pochette (signée Mondino), on comprend qu’il y a le réel et, juste à la marge, le monde de Thomas Fersen, un univers agencé avec une précision d’horloger mais qui, à l’instar de toute création artistique, ne répond qu’à ses propres règles. Des ronds de carotte, ce n’est pas grand-chose (et carotter, ce n’est pas bien), sauf pour un lapin.
Pour son deuxième album, celui qui n’est encore qu’un chanteur débutant, s’entoure en tout cas d’une équipe renouvelée (Joseph Racaille assure la production et on croise les silhouettes d’Arthur H, ou de Philippe Delettrez, saxophoniste et homme d’habillages musicaux). Mais ce qui ne change pas, c’est le goût du chanteur pour les ambiances acoustiques et les images décalées, comme une lecture approfondie des thèmes du premier album (
Le Bal des Oiseaux, 1993).
En ouverture du disque,
« Louise » reste comme l’une des plus belles chansons de Thomas Fersen et
« Un parapluie pour deux » ou
« Hugo, à la bougie » ne pédalent pas très loin derrière. Et puis, il y a, naturellement, cette
« Bella ciao » empruntée à la mémoire des révolutionnaires italiens. Grand moment de frénésie en concert, l’hymne a au moins le mérite de faire voler en éclats des temps de frilosité et de recentrage. Et Thomas Fersen nous y rappelle que l’insurrection reste l’étape la plus captivante de la création artistique.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story