La richesse de l'imagination de China Miéville est absolument incomparable, au moment d'écrire ce commentaire j'ai l'impression d'en avoir déjà presque tout oublié tellement ses univers sont riches. Il aurait pu se contenter d'exploiter la mine d'histoire qu'il a créé dans Perdido Street Station, mais il a opté pour la création d'une nouvelle ville qui est un peu le contraire de la Nouvelle-Crobuzon, une ville pirate flottante d'un mile carré faite de vaisseaux assemblés de toute origine, L'Armada. L'Armada où tout le monde est libre ... de ne pas la quitter, mais nulle part ailleurs ne cohabitent en paix pirates, les criminels recréés par les chirurgiens de la Nouvelle-Crobuzon, les Khepris, les Cactacaes, les Hotchi et même les ab-dead (ou vampir à qui les citoyens doivent fournir volontairement une petite partie de sang). Il s'agit pourtant d'une vraie ville, avec ses beaux quartiers, ses cafés et même ses promenades panoramiques. Le livre suit l'intégration dans cette société particulière de cinq des passagers du cargo Terpsichoria arraisonné ou plutôt réquisitionné par l'Armada. Chaque nouveau citoyen se voit affecté un poste et est jugé sur son intégration. Nous suivons plus particulièrement l'itinéraire de la traductrice Bellis, peu enthousiasmé à l'idée de finir sa vie en cette ville,mais qui sera affecté à un projet grandiose avec son compagnon recréé qui a lui embrassé cette nouvelle vie et accepté sa tentaculaire greffe. Univers objectivement toujours aussi sombre voire monstrueux et grotesque mais China Miéville possède cette faculté particulière des « fleurs du mal », que de faire jaillir l'espoir, l'amitié et même l'amour en toute situation. Quant au titre, il faut reconnaître que le scalpel en ses différentes vertus est largement utilisé en cette opus. Le meilleur auteur du domaine.